Santé / Monde

Boire son urine, une pratique médicale répandue, mais aux bienfaits contestés

Temps de lecture : 2 min

Urine? Hmmm. Ajay Tallam via Flickr CC License by.
Urine? Hmmm. Ajay Tallam via Flickr CC License by.

L'idée semble écoeurante mais boire son urine est une pratique qui compte plusieurs millions d'adeptes à travers le monde. Elle porte même un nom: l'urinothérapie.

Cette médecine alternative a particulièrement du succès en Allemagne, rappelle le magazine Der Spiegel, où elle a été popularisée dans les années 1980 par un livre consacré aux bienfaits de ce «liquide très particulier», intitulé Ein ganz besonderer Saft, Urin. Un ouvrage vite devenu un bestseller et qui vient d'être réédité à l'occasion des vingt ans de sa parution.

Comme le rapporte l'hebdomadaire Focus, les défenseurs de l'urinothérapie estiment que cette substance permettrait de soigner des affections telles que l'asthme, les allergies respiratoires, l'eczéma et la dermatite atopique. Et cela, grâce aux substances actives qu'elle contient, que liste plus dans le détail Psychologies.com: des sels minéraux, des acides, des hormones, des enzymes et même des vitamines.

Les patients qui veulent suivre une urinothérapie ont le choix entre se faire injecter leur propre urine —ou celle d'un donneur— dans le muscle ou la boire directement. Mais les vertus thérapeuthiques de l'urine n'ont jusqu'à aujourd'hui jamais été démontrées scientifiquement. L'allergologue Walter Dorsch, cité par Focus, estime d'ailleurs que cette pratique va à l'encontre de notre métabolisme:

«Je trouve absurde sur un plan biologique de s'infliger à nouveau ce que le corps a d'abord éliminé, parce que l'élimination est toujours aussi une détoxication.»

Et cette pratique peut même s'avérer dangereuse, comme l'explique au Spiegel le médecin militaire allemand Christoph Bickel:

«Tant qu'il n'y a pas d'infection, l'urine est en général stérile. Quand elle est conservée plus longtemps quelque part, la possibilité d'une contamination bactérienne existe.»

Et même en cas d'urgence, par exemple si l'on se retrouve privé d'eau, mieux vaut également éviter de boire son urine, car les fortes concentrations de sels minéraux dans le liquide ont pour effet de donner encore plus soif...

Annabelle Georgen Journaliste

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