C'est dans l'actuMonde

Nobel de la paix: la Syrie est membre de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, pas Israël et l'Egypte

Grégoire Fleurot, mis à jour le 11.10.2013 à 14 h 42

Un expert en armes chimiques de l'ONU près de Damas le 29 août 2013, REUTERS/Mohamed Abdullah

Un expert en armes chimiques de l'ONU près de Damas le 29 août 2013, REUTERS/Mohamed Abdullah

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), dont le but est l'élimination complète des armes chimiques dans le monde entier, a reçu ce vendredi 11 octobre le prix Nobel de la paix. L’OIAC, basée à La Haye, est notamment à l’origine de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC), un traité multilatéral entré en vigueur en 1997, qui pour la première fois a interdit toute une catégorie d'armes de destruction massive et prévoit la vérification internationale de leur destruction.

Après les intenses pressions internationales qui ont suivi l’utilisation par le régime de Bachar el-Assad d’armes chimiques dans le conflit syrien, le pays a récemment signé le traité, ce qui signifie que l’OIAC est chargée de superviser le démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

Aujourd’hui, seuls cinq six pays au monde n’ont pas ratifié le traité: l’Angola, la Birmanie, la Corée du Nord, le Sud Soudan, mais surtout et de manière plus surprenante Israël et l’Egypte.

Comme nous le rapportions le mois dernier, un rapport secret de 1983 de la CIA indique qu’Israël aurait développé une usine de production dans le désert du Néguev, et se serait constitué d’importants stocks d’armes chimiques et bactériologiques.

Ce n’est pas parce qu’un pays fait partie de l’OIAC qu’il ne détient pas d’armes chimiques, au contraire. Sept pays membre ont déclaré posséder des armes chimiques, parmi lesquels l’Albanie, la Russie, l’Inde, l’Irak ou encore les Etats-Unis.

L’armée américaine possédait à son apogée 30.000 tonnes de gaz moutarde, VX et sarin, et travaille depuis les années 1990 à l’élimination de son énorme stock, un processus minutieux, long et coûteux. L'agence militaire américaine responsable de la destruction des immenses quantités de munitions américaines a déclaré qu’il faudra deux années de plus que ce qui avait été prévu au départ et 2 milliards de dollars supplémentaires par rapport aux dernières estimations, ce qui signifie que la tâche va se poursuivre environ jusqu’en 2023 et finira par avoir coûté à peu près 35 milliards de dollars.

Sur son site, le Nobel de la paix 2013 écrit que 82% des 71.196 tonnes d’agents chimiques déclarés dans le monde ont été détruits sous vérification.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte