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La région où l'on pratique le plus d'avortements sélectifs n'est pas l'Asie: c'est l'Europe

Temps de lecture : 2 min

REUTERS/Jerry Lampen
REUTERS/Jerry Lampen

Quand on parle du problème de l’avortement sélectif –qui consiste à avorter plutôt que d'accoucher d'une fille–, on pense surtout à l’Asie: entre 2000 et 2004, 124 garçons chinois sont nés en moyenne pour 100 filles (la moyenne mondiale se situe entre 103 et 107). En 2012, le nombre de filles en Inde était de 914 pour 1.000 garçons. Mais le Pacific Standard estime que l’Europe devrait peut-être s’interroger sur ses propres pratiques.

A partir d'un classement des pays selon leur ratio de naissances filles-garçons, classement effectué par la CIA, le site a découvert que le pays dont le ratio est le plus déséquilibré n’est ni la Chine, ni l’Inde, mais le... Lichtenstein.

Les auteurs de l’article précisent que ces données sont peut-être biaisées, à cause de la très petite taille du pays. Mais même sans tenir compte du Lichtenstein, on retrouve dans l’ensemble du classement beaucoup plus de pays européens que de pays asiatiques.


via Pacific Standard

Ce sont en fait des pays d’Europe balkanique –Kosovo, Macédoine, Albanie– et du Caucase –Géorgie, Arménie et Azerbaidjan. En comparaison, les seuls pays non-européens du classement sont la Chine, l’Inde et l’île de Curaçao.

Et en Europe occidentale?

En 2012, deux cas d’avortement sélectif au Royaume-Uni avaient fait scandale, poussant les pays européens à s’interroger. Notant que cette pratique «émerge de plus en plus dans l'asymétrie des sexe-ratios de certains Etats membres», le Parlement européen a adopté le 8 octobre 2013 une résolution sur le «généricide». Cependant, aucun des pays mentionnés par le rapport de la CIA ne sont concernés, car ce ne sont pas des Etats membres de l'Union européenne.

Comme le rappelle le Pacific Standard, la sélection sexuelle prénatale «se pratique parmi des familles pauvres, dans des sociétés où les garçons ont un statut social et économique plus important que les filles. [...] Plus particulièrement, les foetus féminins ont plus de chances d'être avortés lorsque la famille a déjà eu une petite fille».

En 2011, dans un article de Foreign Policy, Mara Hvistendahl s’inquiétait des conséquences dangereuses de plusieurs décennies de sélection des sexes:

«Démographiquement parlant, les femmes ont de moins en moins de poids. On estime que, d’ici 2013, on comptera neuf femmes pour dix hommes. Et d’ici la fin des années 2020, ce chiffre pourrait passer à huit femmes pour dix hommes. Plusieurs scénarios sont possibles quant à la manière dont ces hommes se comporteront s’ils ne trouvent pas de femme –et, bien sûr, tous ne veulent pas d’une femme– mais plusieurs d’entre eux évoquent des risques d’agitation. […]

Comme me le disait Sabu George, il n’est plus question d’attendre. Si le monde est incapable de voir vers quoi nous nous dirigeons dans dix ans, nous sommes perdus.»

Dans un autre article que nous avions également publié, intitulé «Comment s'acheter une fille», Jasmeet Sidhu s'intéressait à l'inverse à une nouvelle «industrie» aux Etats-Unis, multimillionnaire, s'adressant spécifiquement aux trentenaires de classe moyenne à supérieure, déjà parents et ne désirant plus de garçon...

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