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À la poursuite de la mythique Chambre d'ambre, trésor russe volé par les nazis

Annabelle Georgen, mis à jour le 10.10.2013 à 8 h 29

Une reconstitution à l'identique de la Chambre d'Ambre, en 2003. Presidential Press and Information Office via Wikimedia Commons.

Une reconstitution à l'identique de la Chambre d'Ambre, en 2003. Presidential Press and Information Office via Wikimedia Commons.

Depuis soixante-dix ans, la Chambre d'ambre fait rêver les chasseurs de trésors du monde entier. Volé par les nazis en 1941, ce sublime ensemble de panneaux d'ambre sculptée qui ornait autrefois les murs d'une chambre du palais Catherine, en Russie, a disparu deux ans et demi plus tard.

Tous ceux qui se sont lancés à la poursuite de ce trésor caché à travers l'Europe ont échoué jusqu'ici, mais un chasseur de trésor allemand refuse de baisser les bras, rapporte le quotidien allemand Die Welt. Karl-Heinz Kleine, qui cherche la Chambre d'ambre depuis 1978, se lance actuellement dans des fouilles dans les sous-sols de Wuppertal, à un endroit où sont censés se trouver plusieurs grands bunkers souterrains.

Fabriquée à Berlin sur une commande de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, la Chambre d'ambre a été offerte au tsar Pierre Ier de Russie au début du XVIIIème siècle. En échange, celui-ci lui aurait offert cinq douzaines de soldats russes de deux mètres de haut. Fou de la guerre, Frédéric-Guillaume Ier avait en effet une armée de «langen Kerle» (les «grands gars») composée uniquement de très grands soldats. La Chambre d'ambre sera principalement exposée au palais Catherine, à Tsarskoïé Selo, désormais connue sous le nom de Pouchkine, et située dans les environs de Saint-Pétersbourg.

Quand les nazis dérobèrent l'ensemble de panneaux d'ambre en octobre 1941, ils l'expédièrent en pièces détachées réparties dans 28 caisses vers la ville allemande de Königsberg. Une fois arrivée à destination, la Chambre d'ambre fut remontée et exposée au public pendant deux ans et demi, puis à nouveau démontée et stockée dans un lieu tenu secret par crainte des bombardements.

Contrairement à d'autres chasseurs de trésors qui sont partis à sa recherche jusqu'aux confins de la Russie, Karl-Heinz Kleine est persuadé que la Chambre d'ambre n'a pas quitté l'Allemagne. Et que le fonctionnaire nazi Erich Koch, qui s'était entiché de l'oeuvre, l'aurait dissimulée non seulement dans un lieu sûr, auquel l'armée rouge n'aurait pas accès, mais aussi qu'il connaissait bien. C'est pour cette raison qu'il a orienté ses recherches vers Wuppertal, près de là où est né et a grandi Koch, et où ce dernier disposait de nombreuses relations.

Comme le révèle le quotidien régional Der Westen, c'est sur le terrain sur lequel est située une usine d'armement désaffectée que les recherches ont débuté aujourd'hui. Kleine et son équipe supposent que les bunkers sont restés fermés depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour financer ses fouilles, il a fait appel à des sponsors privés, à qui il promet en cas de succès de rendre dix fois plus que la somme investie au départ.

Annabelle Georgen
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Journaliste
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