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L'Inde gagne le droit de voter «non»

Maïlys Masimbert, mis à jour le 07.10.2013 à 12 h 41

Voting ends. Al Jazeera English via FlickrCC License by

Voting ends. Al Jazeera English via FlickrCC License by

Aux prochaines élections, la population indienne aura la possibilité de dire «non» aux candidats qui se présentent, comme le rapporte le Journal international. Ou plus précisément de voter «NOTA»: «none of the solution above» (aucune des propositions ci-dessus). C’est le bouton qui a été rajouté sur les machines à voter il y a une semaine, rapporte le journal The Hindu.

Jusqu’à présent, les électeurs étaient obligés de choisir un candidat, explique The New Indian Express. «Même si un votant n’en aime aucun, il doit choisir l’un d’entre eux.»

Cette mesure approuvée par la Cour suprême, devrait permettre à l’Inde de lutter contre les importants problèmes de corruption au sein de sa classe politique. Selon une association indienne, dont Voice of America reprend les estimations, 90% des financements des deux principaux partis politiques sont de sources inconnues, 30% des législateurs font face à des accusations criminelles, «la plupart pour des crimes importants comme vol, meurtre, et kidnapping».

Le bouton «NOTA» donne aux électeurs «le droit d’exprimer leur mécontentement avec le type de candidats présentés par les partis», a déclaré l’un des juges de la Cour suprême à The Hindu. Cette mesure devrait inciter «à un changement progressif» et les partis devront «accepter la volonté du peuple et présenter des candidats reconnus pour leur intégrité».

Le gouvernement est quant à lui opposé à cette nouvelle mesure, explique la BBC, suggérant que ce bouton supplémentaire «perturberait les électeurs» et que les élections sont faites «pour élire et non pour rejeter». Pour le moment, note encore la BBC, cette option ne devrait pas avoir tellement de conséquences sur le résultat des élections, puisque les «non» ne sont pas comptabilisés.

C’est pour cette raison que tous ceux qui ont milité pour le bouton «NOTA» ne comptent pas s’arrêter là, et souhaitent désormais que ces votes soient reconnus, comme l’explique l’un d’entre eux au Time of India:

«Si tous les candidats sont rejetés par une majorité de votes NOTA, les élections devraient être déclarées nulles, un nouveau scrutin devrait être organisé et les candidats précédents ne devraient pas avoir le droit de se représenter.»

Ils planchent déjà sur une nouvelle pétition pour que ces élements soient inclus dans la loi.

Maïlys Masimbert
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