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Les pays où un like sur Facebook peut vous emmener en prison

Grégoire Fleurot, mis à jour le 04.10.2013 à 13 h 17

REUTERS/Valentin Flauraud

REUTERS/Valentin Flauraud

Le dernier rapport sur la liberté sur Internet de l’ONG américaine Freedom House, publié jeudi 3 octobre, offre une masse importante d’infirmations à digérer pour quiconque s’intéresse au sujet.

Long de 900 pages, il propose une analyse détaillée pour chaque pays des obstacles à l’accès à Internet, des limitations de contenu et des violations des droits des internautes.

Première information intéressante: la France a le sixième Internet le plus libre au monde, derrière dans l’ordre l’Islande, l’Estonie, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Australie. L’Iran a le moins libre, tandis que la Birmanie est le pays qui a le plus fait de progrès en la matière.


Page 19 du rapport Freedom on the Net 2013 de Freedom House

L’une des tendances générales relativement nouvelles qui sautent aux yeux est celle des gouvernements, y compris certains considérés comme relativement démocratiques, qui criminalisent le fait de «liker» du contenu illégal sur Facebook.

Le rapport souligne ainsi que l’année dernière, en Inde:

«Au moins 11 utilisateurs ont été jugés en vertu de la loi appelée IT pour avoir posté ou liké des statuts sur Facebook. Dans un des cas les plus connus, la police a arrêté une femme qui s’était plainte sur Facebook des embouteillages et des interruptions de services dans sa ville pour marquer la mort du leader d’un parti de droite nationaliste hindou. Les amis de la femme, qui ont “liké” le commentaire, ont également été arrêtés.»

Aux Philippines, un juriste du gouvernement qui défendait les nouvelles lois sur Internet du pays a déclaré que liker un statut Facebook diffamatoire revient à diffamer. En Thaïlande, pays qui a des lois strictes punissant toute insulte à la monarchie, «le ministre des TIC a rappelé aux utilisateurs que liker un contenu de lèse-majesté sur Facebook pouvait entraîner des poursuites pour distribution indirecte de contenu inapproprié.»

De manière générale, une des nouvelles les plus décourageantes du rapport est que les plus gros reculs de la liberté sur Internet ont eu lieu dans des démocraties cette année. L’Inde a eu le plus gros déclin. Les Etats-Unis, bien que toujours très libres au vu des standards internationaux, ont perdu cinq points, principalement à cause des révélations sur l’espionnage de la NSA.


Page 25 du rapport Freedom on the Net 2013 de Freedom House

Le Brésil, sans doute le gouvernement le plus critique des Etats-Unis au moment des fuites de Snowden, a aussi baissé à cause d’une «hausse des limitations du contenu en ligne, particulièrement dans le contexte des strictes lois électorales du pays».

Joshua Keating

Traduit et adapté par G.F.

Grégoire Fleurot
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