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Décès suspect de Mojtaba Ahmadi, officier de la cyberguerre iranienne

Temps de lecture : 2 min

REUTERS/Pawel Kopczynski.
REUTERS/Pawel Kopczynski.
Le site iranien Alborz vient d’annoncer qu’un fonctionnaire de l’unité d’élite des Gardiens de la Révolution, Mojtaba Ahmadi, commandant du quartier général de la cyberguerre, a été abattu près de Karaj, une ville au nord-ouest de Téhéran. Il avait quitté sa maison le 30 septembre et a été retrouvé quelques heures plus tard mort de deux balles dans le cœur, tirées à bout portant par un pistolet.

Malgré le modus operandi laissant supposer l’intervention d’un professionnel, les autorités iraniennes contestent la version selon laquelle cette mort résulterait d'un assassinat ciblé. Elles penchent plutôt pour un «horrible incident» dont elles n'ont pour l'instant précisé ni le déroulement, ni les motifs possibles.

L’enquête est en cours et les résultats seront publiés sous huitaine. Mojtaba Ahmadi a été enterré le 3 octobre.

Attaques iraniennes ciblées

Le New York Times avait fait état, en mai 2013, de cyberattaques iraniennes ciblées contre des entreprises pétrolières, gazières et électriques américaines avec pour but, non pas l’espionnage, mais le sabotage. Selon les officiels américains, ces attaques étaient conçues pour détruire des données et intervenir dans les systèmes de contrôle critiques qui gèrent les oléoducs.

Un haut fonctionnaire américain cité par le quotidien situait alors la source de ces attaques au Moyen-Orient, et plus précisément en Iran, qui parrainait selon lui certainement les opérations car le contrôle de l’Internet est centralisé dans le pays. Il estimait aussi que les saboteurs avaient fait d’énormes progrès pour arriver à mobiliser la sécurité intérieure américaine: deux attaques simultanées, attribuées à l'Iran, avaient ainsi été lancées contre les sociétés saoudienne Aramco et qatarie RasGas.

Alireza Miryousefi, le chef du bureau de presse de la mission iranienne aux Nations unies, s'était défendu de ces accusations en prétendant que l’Iran «n'a jamais engagé de telles attaques contre ses voisins du Golfe, avec qui il a maintenu de bonnes relations de voisinage»

«Cohérentes avec l'hypothèse d'une opération israélienne»

L’Iran avait été accusé de participer à ces cyberattaques contre des cibles liées à l'Occident après avoir subi les dégâts occasionnés dans ses services informatiques et ses installations nucléaires par le virus Stuxnet, d’origine américano-israélienne. Des meurtres de savants impliqués dans le programme nucléaire iranien avaient également eu lieu, le dernier remontant à janvier 2012 lors d'un attentat à la voiture piégée.

Plusieurs médias ont pointé la possible responsabilité du Mossad dans le meurtre de Mojtaba Ahmadi, le Telegraph écrivant par exemple que «la méthode de l'attaque [...] et la nature de la cible sont cohérentes avec l'hypothèse d'une opération israélienne». Le commandant de la police affirme que deux personnes à moto ont perpétré le meurtre, soit la même procédure utilisée pour l’assassinat de cinq scientifiques nucléaires depuis 2007.

Les Israéliens refusent de commenter ces informations, mais les experts militaires penchent pour une reprise des éliminations ciblées de savants nucléaires. La décision de Barack Obama de renouer avec les Iraniens, sans la contrepartie d’un arrêt du programme nucléaire, pourrait relancer la guerre de l’ombre.

Jacques Benillouche

Jacques Benillouche Journaliste

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