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Sans le shutdown de 1995, pas d'affaire Monica Lewinsky

Anaïs Bordages, mis à jour le 01.10.2013 à 10 h 53

Monica Lewinsky en 2002. REUTERS/Reuters photographer

Monica Lewinsky en 2002. REUTERS/Reuters photographer

Le 29 septembre, le gouvernement américain a annoncé sa fermeture provisoire, ou «shutdown»: en attendant que le Congrès se mette d'accord sur le budget, les fonctionnaires «non-essentiels» sont invités à rester chez eux.

Le Washington Post explique ainsi que trois quarts des employés de la Maison Blanche devraient se retrouver au chômage technique. Le staff de Barack Obama, en particulier, sera réduit à 129 personnes.

Or, lors du dernier shutdown gouvernemental en 1995, le staff du Président est passé de 430 à environ 90 employés. Qui restait-il alors? Ceux qui avaient un poste à haute responsabilité, et les stagiaires. Dont une certaine Monica Lewinsky.

Seth Masket, qui travaillait pour la Maison Blanche à ce moment-là, se remémore dans Pacific Standard:

«Soudainement, les stagiaires, qui remplissaient d’habitude des tâches de bas niveau liées au café et à la photocopieuse, se sont vues placées dans des positions d’autorité considérable, et ont eu accès à des lieux (l’aile ouest de la Maison Blanche) et à des personnes (le président) auxquels elles n’avaient pas accès auparavant.»

Deux jours après le début du shutdown, le 15 novembre 1995, Monica Lewinsky a donc eu l’opportunité de rencontrer Bill Clinton. Ils se sont embrassés. Vous connaissez la suite.

«Sans ce shutdown, elle n’aurait jamais échangé plus qu’une poignée de mains avec le président», affirme Seth Masket.

Or, si le Monicagate a profondément marqué la fin des années 1990 à cause de son caractère scandaleux, il a aussi eu des conséquences politiques, puisqu'il a entraîné l’impeachment du président et, d'après Seth Masket, perturbé les élections de 1998 et 2000. Selon l'ancien employé fédéral, cette relation scandaleuse aurait nui à la popularité d’Al Gore, le candidat démocrate aux élections présidentielles de 2000.

Heureusement, l’histoire ne risque pas de se reproduire. Lundi 29 septembre, le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a affirmé que les stagiaires ne viendraient pas travailler pendant le nouveau shutdown.

Malgré tout, il semblerait que la température monte à Washington DC. Dès l’annonce du shutdown, certains habitants désireux de s’occuper pendant cette période d’inactivité, se sont mis à poster des petites annonces à caractère sexuel sur le site Craigslist, nous apprend le New York Magazine.

«On ne peut pas baiser les républicains du Congrès, mais on peut au moins baiser entre nous», a ainsi écrit un avocat du gouvernement dans une annonce intitulée «shutdown fun». «Embrassons-nous pour oublier le stress du shutdown», écrivait un autre. C’est ce qu’on appelle voir le bon côté des choses. 

Anaïs Bordages
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