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Google, Facebook... 25 septembre, jour de bug

Andréa Fradin, mis à jour le 26.09.2013 à 18 h 55

Cette année, les messages de GTalk. L'an dernier les messages privés de Facebook. Peut-être devrions-nous faire du 25 septembre la Journée internationale de la vie privée. Ou de l'hallucination collective.

REUTERS

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Coïncidence? Ce jeudi matin, le monde apprenait avec stupeur (et surtout tremblements) que les services de messagerie instantanée de Google adressaient les messages de certains utilisateurs aux mauvais destinataires. Horreur!

Or il y a tout juste un an, le 25 septembre 2012, se levait en France un vent de panique similaire face à un autre titan du Net, Facebook. A qui l'on attribuait alors (à tort) la responsabilité d'un bug tout aussi terrifiant: la publication des messages privés des utilisateurs sur leurs profils. 

Un an. Pile-poil. Et toujours les mêmes cris, les mêmes doutes.

Faut-il y voir alors un signe du destin? Le 25 septembre est-il marqué du sceau de la panique? Les ordinateurs se réveilleraient-ils une fois par an, à cette date, pour provoquer une faille et nous rappeler que les morceaux de vie que nous échangeons en toute simplicité via ces géants du Net sont loin d'être protégés?

A coup sûr, les complotistes sauront y trouver leur compte. Quant aux plus tâtillons, ils soulèveront sans doute que ces deux événements se sont produits à une journée d'intervalle: 26 septembre pour Google, 25 pour Facebook. (Notons néanmoins que les problèmes rencontrés ce jour sur le chat de Google font suite à une vague de mise à jour de ses services la veille. Le 25.)

Ces mêmes sceptiques pointeront probablement ensuite que les faibles capacités de notre cervelle nous poussent naturellement à lier les événements les uns aux autres pour leur donner un sens. Selon une trame qui n'a le mérite que de nous maintenir dans l'illusion et le grand frisson que quelque chose d'énorme se prépare dans notre dos.

Sans compter que dans le cas de l'affaire Facebook, il ne s'agissait en réalité pas d'un bug. Malgré son passif de récidiviste en matière de violation de la vie privée, Facebook n'avait en réalité pas mis nos messages sur la place publique, mais s'était contenté de faire remonter des commentaires laissés sur notre mur quand le site en était encore à ses balbutiements. Leur caractère sensible voire olé-olé étant alors surtout lié à la confiance décomplexée que nous y placions alors. 

La panique n'en était cependant pas moins réelle. Et a tout de même provoqué dans son sillage l'envoi, à deux heures du matin, de communiqués de presse en provenance des services d'Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, qui exigeaient «des explications claires et transparentes» du site américain.

Véritables ou pas, ces bugs nous rappellent chaque année notre fébrilité face à ces services. Il faudrait faire du 25 septembre la journée de la vie privée.

A moins bien sûr que nous vivions aujourd'hui, une fois encore, une hallucination collective. Comme il y a un an tout juste, les internautes traquent d'ailleurs minutieusement qui, de leurs pairs, ont réellement vécu cet incident. 25 septembre, journée de l'hallu? Cela voudrait dire que Zucchero n'est  jamais venu au monde un 25 septembre 1955. Et que Le Point n'a jamais été publié une première fois le 25 septembre 1972. Peu convaincant. Sauf évidemment pour nos cerveaux en mal de théories du complot foireuses. 

A.F.

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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