Monde / Culture

«Freeway» Rick Ross, l'homme responsable de l'épidémie américaine de crack

Temps de lecture : 2 min

«Freeway» Rick Ross / Patrick Bastien Photography via Wikimedia Commons
«Freeway» Rick Ross / Patrick Bastien Photography via Wikimedia Commons

Quel est le lien entre Avon Barksdale, le dealer de The Wire, et Rick Ross, l’un des derniers rappeurs gros? La réponse est «Freeway» Rick Ross –surnommé ainsi en référence à la bretelle d’autoroute où il dealait–, l’un des plus gros trafiquants américains de cocaïne des années 1980.

Comme nous l’apprend un long portrait publié par Esquire, cet homme a non seulement inspiré son surnom au rappeur Rick Ross, mais il a également inventé le modèle de ventes infaillible utilisé par les personnages de The Wire. Surtout, il est considéré comme le principal responsable de l’épidémie américaine de crack dans les années 1980.

Entre 1982 et 1989, «Freeway» Rick Ross a gagné plus de 2,5 milliards de dollars. Au total, il aurait acheté et revendu au moins trois tonnes de cocaïne. Il a été libéré de prison en 2009, après avoir purgé une peine de quatorze ans.

Comme l’explique l’article, Ross se voit moins comme un dealer de drogues qui aurait semé la mort que comme un entrepreneur prospère, un capitaliste dans la plus pure tradition américaine.

Sa carrière a débuté un jour de 1982, lorsqu’un ami lui a mis un demi-gramme de cocaïne entre les mains. «Ça vaut 50 dollars, lui aurait-il dit. Vois ce que tu peux faire avec ça.» Ross n'avait jamais vu de cocaïne auparavant, mais très vite, il s’est rendu compte de la valeur du produit, extrêmement addictif lorsqu’il était transformé en crack.

C'est là, à Los Angeles, que le trafic de cocaïne et de crack s'est alors développé. En 1987, la drogue était présente dans quasiment tous les Etats américains, et les hôpitaux recensaient plus de 100.000 overdoses dans l'année.

Mais si Rick Ross est rapidement devenu millionnaire, c'est surtout grâce à sa rencontre avec Oscar Danilo Blandon, un dealer du Nicaragua. «Avec lui, l’accès aux drogues était pratiquement illimité», écrit le journaliste d’Esquire. Seul problème: Blandon avait des liens avec la CIA. Devenu indic’ pour la brigade des stupéfiants, c’est lui qui permit l’arrestation de Ross en 1995.

Rétrospectivement, il semble que Rick Ross n’était qu’un pion dans une guerre d’influence entre les Etats-Unis et le bloc soviétique. En 1996, Gary Webb, un journaliste du Mercury News, publia une série d’articles très controversés.

Il y accusait la CIA d’avoir autorisé l’importation de cocaïne pour financer secrètement les contras, un groupe contre-révolutionnaire du Nicaragua, et ainsi renverser le régime socialiste au pouvoir. La grande majorité de cette cocaïne aurait atterri dans les mains de Rick Ross. Après avoir publié ses articles, Gary Webb fut licencié et finit par se suicider. Depuis, il a été confirmé que ses allégations étaient vraies.

Aujourd’hui, l’influence de l’épidémie lancée par les dealers de Los Angeles se fait encore sentir. L’addiction au crack continue de fasciner les chercheurs, et s’est même propagée jusqu’en Seine-Saint-Denis. En 2012, plus de 900.000 Américains en ont consommé.

Anaïs Bordages

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