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Pourquoi les femmes sont moins corrompues que les hommes dans les démocraties

Temps de lecture : 2 min

Une manifestation conte l’austérité économique et la corruption devant le parlement grec le 3 septembre 2011, REUTERS/John Kolesidis
Une manifestation conte l’austérité économique et la corruption devant le parlement grec le 3 septembre 2011, REUTERS/John Kolesidis

Les femmes sont-elles moins corrompues que les hommes? C’est ce que suggéraient jusqu’à aujourd’hui plusieurs études sur le sujet, qui avaient notamment montré que les femmes ont tendance à davantage désapprouver la corruption que les hommes ou encore que plus un gouvernement compte de femmes, moins la perception de la corruption dans le pays est élevé.

Mais Justin Esarey et Gina Chirillo, deux chercheurs en sciences politiques à l’université Rice de Houston, soutiennent dans un article académique publié début septembre que les liens entre la corruption et le sexe sont bien plus complexes, et dépendent beaucoup du contexte institutionnel et politique.

Dans une culture politique «où la corruption est stigmatisée, les femmes tolèreront moins la corruption et ont moins de chances d’être corrompues que les hommes», écrivent-ils. Mais «si les comportements corrompus font partie intégrante de la gouvernance défendue par les institutions politiques, il y a une parité face à la corruption».

Cette différence s’explique par le fait que, dans les sociétés démocratiques, la société met plus de pression sur les femmes pour qu’elles se plient aux normes politiques, et a tendance à juger plus sévèrement les femmes politiques que les hommes politiques dans les affaires de corruption. Les femmes ont donc de bonnes raisons d’y être irréprochables, ce qui n’est pas le cas dans une société où la corruption est généralisée et acceptée. Les chercheurs écrivent:

«Les pots-de-vin, le favoritisme […] sont souvent des caractéristiques des opérations normales dans les gouvernements autocratiques et ne sont pas vus comme de la corruption; nous avons trouvé un lien faible ou inexistant entre le sexe et la corruption dans ce contexte. Nous avons trouvé un lien bien plus fort dans les démocraties, où la corruption est généralement plus stigmatisée.»

En d’autres termes, les femmes ne sont pas intrinsèquement moins enclines à être corrompues, mais s’adaptent simplement à un contexte qui les oblige à être irréprochables. Ainsi, une expérience menée aux Etats-Unis et au Burkina Faso a montré que les femmes avaient autant de chances que les hommes d’accepter des pots-de-vin en l’absence de surveillance, mais qu’elles en acceptaient moins quand il y avait un contrôle.

Grégoire Fleurot Journaliste

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