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Une crise humanitaire sévit aux Etats-Unis: les morts par armes à feu

Temps de lecture : 2 min

Des croix commémoratives, six ans après le massacre de Columbine qui a fait 15 morts. REUTERS/Reuters photographer
Des croix commémoratives, six ans après le massacre de Columbine qui a fait 15 morts. REUTERS/Reuters photographer

On l’a dit et redit, la fusillade du Washington Navy Yard du 16 septembre n’a rien changé au débat américain sur les armes à feu. Treize personnes sont mortes, et le suspect, Aaron Alexis, s'était procuré ses armes en toute légalité. Pourtant dans un mois, tout sera oublié. Et dans quatre, tout laisse penser qu'une nouvelle fusillade se produira.

C’est contre cette inertie que se révolte Henry Porter, dans une tribune pour The Observer. Selon lui, si les Américains ne font toujours rien pour améliorer la situation, autant demander de l’aide aux autres:

«Et si on ne pensait plus [les fusillades] comme un problème strictement américain, mais plutôt comme une crise humanitaire internationale? Une quasi-guerre civile, qui nécessite une intervention étrangère?»

«En tant que citoyens du monde, peut-être devrions-nous exiger que la souffrance d’innombrables familles, la mutilation et le meurtre de leurs enfants, prennent fin –exactement comme le fait l’Amérique à chaque fois qu’un nouveau conflit civil éclate dans un recoin du globe.»

Depuis l’assassinat de Robert F. Kennedy en 1968, les armes à feu ont fait 1.384.171 victimes aux Etats-Unis. C’est plus que l’ensemble des guerres menées par le pays depuis 1775 –qui ont fait 1.171.177 morts.

Pourtant, en continuant d’invoquer le deuxième amendement de la Constitution américaine pour justifier la possession d’armes à feu, les Américains s’accrochent à «un droit aussi archaïque qu’un procès pour sorcellerie», dénonce Parker.

Et le pire, c’est que Barack Obama lui-même ne peut rien y faire, ou presque. Après la tuerie de Newtown en 2012, Daphnée Denis écrivait ceci:

«Faute de vouloir et pouvoir interdire les armes, [le président] pourrait mettre en place des réformes moins révolutionnaires.

[...] Bien que les Américains ne soient pas favorables à une restriction généralisée du port d’armes, ils sont en faveur de mesures plus ciblées. Ainsi, selon un sondage CNN/ORC, la majorité des Américains sont pour que les propriétaires d’armes fassent l’objet de des recherches plus poussées sur leur passé. Ils soutiennent également l’interdiction des chargeurs de grande capacité, ceux dont disposaient par exemple les tueurs de Sandy Hook et d’Aurora, ainsi que celle des armes semi-automatiques.»

En avril 2013, pourtant, le Congrès a rejeté le projet de loi de Barack Obama, qui visait précisément à interdire la vente d’armes d’assaut et de chargeurs de grande capacité, ainsi qu’à renforcer les recherches sur le passé des potentiels acquéreurs. Selon Barack Obama, la réforme avait échoué à cause de la pression des lobbies.

C’est pour cela que, selon Henry Porter, «nous avons atteint le point où ceci n’est plus un problème domestique. Le reste du monde ne peut pas rester négligemment sans rien faire».

Anaïs Bordages Journaliste

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