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Première arrestation en Chine en vertu de la loi anti «rumeurs en ligne»

Caroline Piquet, mis à jour le 23.09.2013 à 18 h 17

Press the Weibo button. Bfishadow via Flickr CC License by.

Press the Weibo button. Bfishadow via Flickr CC License by.

Il aura fallu un peu plus d’une semaine pour que la police chinoise annonce, vendredi 20 septembre, avoir arrêté un garçon de 16 ans, première victime de la toute nouvelle loi pénalisant la propagation de rumeurs en ligne.

Identifié seulement par son nom de famille, Yang est accusé d’avoir posté sur le réseau social chinois Weibo une série de messages accusant la police d’avoir battu un homme à mort, et d’avoir maquillé cette bavure en suicide, dans la province de Gansu (nord-ouest de la Chine). Yang aurait également affirmé que les policiers avaient passé à tabac des proches de la victime.

L’un de ses posts –la police n'a pas souhaité dire lequel selon le Daily Dot– aurait été partagé plus de 500 fois, ce qui constitue une violation de la loi adoptée le 9 septembre dernier.

Pour rappel, si une «fausse information» lancée sur Internet est vue par plus de 5.000 internautes, ou rediffusée plus de 500 fois, son auteur risque trois ans de prison et de privation des droits civiques. Cette arrestation a provoqué la colère de l’Internet chinois, où de nombreuses voix ont protesté contre la censure des réseaux sociaux mise en place par le régime selon Reuters.

Ce lundi 23 septembre, les autorités ont annoncé que Yang avait été libéré, et les charges abandonnées. L’agence de presse officielle Xinhua, citée par Reuters, écrit:

«Parce que Yang est un adolescent, parce qu’il a activement collaboré à l’enquête de police, et émis des regrets sincères pour son crime, la police locale a levé les charges criminelles et prononcé une sanction clémente.»

Yang était accusé d’avoir provoqué des «troubles à l’ordre public». «Après avoir lu les posts de Yang, une douzaine de chômeurs se sont rassemblés à l’endroit où les faits se sont produits, et ont commencé à scander des slogans» s’était plaint le département de sécurité du Zhangjiachuan cité par le Los Angeles Times. «La situation était hors de contrôle, perturbant l’ordre social et l’enquête de police».

Yang, selon le Southern Metropolis Daily cité par le Los Angeles Times, est un ado scolarisé au collège de Yangjiachuan issu d’une famille pauvre qui tient une boutique de nouilles.

Caroline Piquet
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