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Elections législatives: qui a tué le FDP?

Annabelle Georgen, mis à jour le 27.09.2013 à 16 h 04

En ne récoltant que 4,8% des voix aux élections législatives dimanche soir, les libéraux, victimes des consignes de vote d'Angela Merkel et de leurs propres divisions, se retrouvent à la porte du Bundestag pour la première fois.

Le vice-chancelier Philipp Rösler et sa femme Wiebke après les résultats, dimanche 22 septembre. REUTERS/Fabian Bimmer.

Le vice-chancelier Philipp Rösler et sa femme Wiebke après les résultats, dimanche 22 septembre. REUTERS/Fabian Bimmer.

Effroi. C'est le mot qu'on pouvait lire, dimanche 22 septembre au soir, sur les visages des libéraux dans leur QG de campagne.

Tous les observateurs de la vie politique allemande annonçaient que ces élections allaient être décisives pour le FDP après sa défaite cuisante aux élections du Parlement régional de la Bavière la semaine dernière, où il n'a recueilli que 3% des voix.

Mais personne n'avait prévu une telle débâcle. En ne parvenant pas à atteindre la barre des 5% des suffrages, le sésame qui ouvre les portes du Bundestag aux partis, le FDP ne fait désormais plus partie du paysage politique allemand à l'échelle fédérale. Lors des élections législatives de 2009, il avait pourtant réalisé son meilleur score en atteignant 14,6% des voix.

Partenaire de coalition favori

C'est une défaite historique. La fin d'une ère. Jamais le parti libéral, depuis la fondation de la République fédérale allemande en 1949, n'avait quitté le Bundestag. Il était le partenaire de coalition favori des chrétiens démocrates, avec qui il a gouverné pendant 25 ans au total, dont seize sous la conduite d'Helmut Kohl et quatre au sein du cabinet Merkel II.

Peu après l'annonce des premières estimations, dimanche en début de soirée, le candidat au Bundestag du parti libéral, Rainer Brüderle, a commenté sa défaite: «C'est le résultat le plus mauvais que nous avons obtenu. C'est une heure difficile pour le FDP. En tant que candidat, j'en endosse la responsabilité», a-t-il déclaré, la mine défaite, avant de donner la parole à Philipp Rösler, le président du parti et actuel vice-chancelier, livide alors qu'il est d'ordinaire si fringant.

Ce désastre électoral risque de coûter très cher à ce jeune libéral arrivé au pouvoir il y a quelques années après une ascension fulgurante. Rösler a tenu à rassurer les militants en pleurs en promettant que le parti ne se laisserait pas abattre par cette défaite:

«Ce n'est pas la fin du parti. Cela va être plus difficile, mais le travail se poursuivra.»

Un déclin déjà bien entamé

Même si Angela Merkel a relativisé dimanche soir l'influence qu'a pu avoir sur cette défaite électorale la consigne de vote qu'elle a donnée à ses électeurs durant la campagne, à savoir de ne pas donner leur deuxième voix au FDP mais à la CDU, il est certain que sa tactique électorale a coûté énormément de voix aux libéraux —on parle de plus de 2 millions. Le SPD lui aurait également raflé plus de 500.000 voix auprès de ses électeurs déçus.

Si leur chute brutale n'était pas prévisible, le déclin des libéraux était déjà bel et bien entamé ces dernières années. Les querelles de pouvoir qui ont secoué la tête du parti et leurs difficultés à imposer leurs vues —notamment leurs promesses de faire baisser les impôts— au sein de la dernière coalition les ont coupés d'une grande partie de leurs électeurs.

Comme tous les autres partis, le FDP a également perdu des voix face au nouveau parti eurosceptique AfD, qui a mené campagne sur la proposition d'abandonner la monnaie unique et s'est approché de très près du seuil des 5% hier soir, avec un score de 4,7%. Plus de 400.000 électeurs du FDP se seraient tournés vers l'AfD lors de ces élections.

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