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La survivante: Angela Merkel, seule dirigeante d'une grande puissance européenne reconduite depuis le début de la crise

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 22.09.2013 à 19 h 16

Des militants d'Oxfam portant des masques de Nicolas Sarkozy, José Luis Rodriguez Zapatero, Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Gordon Brown, le 23 novembre 2009 à Bruxelles.

Des militants d'Oxfam portant des masques de Nicolas Sarkozy, José Luis Rodriguez Zapatero, Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Gordon Brown, le 23 novembre 2009 à Bruxelles.

Regardez bien la photo ci-dessus: les masques que portaient ces militants de l'ONG Oxfam, en 2009, représentent, de gauche à droite, Nicolas Sarkozy, José Luis Rodriguez Zapatero, Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Gordon Brown, alors tous à la tête de leur pays respectif.

Moins de quatre ans plus tard, seul une d'entre eux est encore en poste: la chancelière allemande, qui selon toute probabilité devrait être reconduite après la victoire de son parti, la CDU-CSU, aux élections législatives allemandes du dimanche 22 septembre, avec plus de 42% des voix selon les premières estimations. Et ce même si on ne sait pas encore si son parti pourra gouverner seul ou devra en passer par une coalition, et si oui avec quel partenaire.

Une victoire qui n'est pas une surprise (les Allemands ont pour habitude de reconduire les sortants) mais qui fait d'Angela Merkel la seule dirigeante d'une grande puissance européenne à avoir survécu à la crise, financière puis économique, de 2007-2009, dont les conséquences se font encore ressentir. Elle ne fera pas partie de la liste de ces leaders que cette crise a «tués» que nous dressions au printemps 2012.

Battus ou forcés de se retirer

Le premier «grand» à tomber a été le Premier ministre britannique Gordon Brown, battu en mai 2010 par son adversaire conservateur David Cameron, les travaillistes perdant plus de six points par rapport à l'élection précédente.

Un an et demi plus tard, en novembre 2011, c'était au tour de Silvio Berlusconi de quitter son poste, mais lui était contraint de se retirer après la dislocation de sa majorité, dans une Italie étranglée par la crise de la dette.

A peine deux semaines après, le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, forcé, en raison de l'impopularité de sa politique d'austérité, de céder la tête de liste à son lieutenant Alfredo Pérez Rubalcaba, voyait ce dernier être largement battu par le leader du Parti populaire Mariano Rajoy: en trois ans, les sociaux-démocrates espagnols avaient perdu quinze points dans les urnes.

Enfin, en mai 2012, c'est Nicolas Sarkozy qui a échoué dans sa tentative de rester à son poste, battu, avec un peu plus de 48% des voix, par François Hollande. Malgré une remontée en fin de campagne, le président français avait perdu près de cinq points par rapport à son score de 2007.

Quelques exceptions

A titre de comparaison, l'alliance CDU-CSU/FDP de Merkel ne devrait connaître qu'une baisse modérée par rapport à son score de 2009 (47%, selon les premières estimations, contre 48,4%), même si cela se traduit par un bouleversement interne: la CDU-CSU est en nette hausse, tandis que le FDP pourrait être évincé du Bundestag.

Si on élargit l'analyse au G8 (dont l'Espagne ne fait pas partie), on trouve en revanche d'autres dirigeants qui ont su conserver leur poste malgré la crise économique: Barack Obama, bien sûr, réélu en novembre 2012 aux Etats-Unis, mais aussi le Premier ministre canadien Stephen Harper, facile vainqueur des législatives en 2011.

Cas particulier (à plusieurs points de vue...), la Russie a vu Vladimir Poutine succéder en 2012 à Dmitri Medvedev, à qui il avait abandonné la présidence en 2008 car la Constitution lui interdisait d'accomplir trois mandats consécutifs. Le Japon est un autre cas particulier car il a changé de majorité deux fois depuis le début de la crise, d'abord en août 2009 avec la victoire écrasante de l'opposition de centre-gauche, puis en décembre 2012 avec le retour à la tête du gouvernement du centre-droit en la personne de Shinzo Abe.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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