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Attaque des shebaabs à Nairobi: le djihad passe par Twitter

Temps de lecture : 2 min

Vue du centre commercial. REUTERS/Thomas Mukoya
Vue du centre commercial. REUTERS/Thomas Mukoya

Des shebaabs (ou shebabs ou shabaabs), groupe somalien lié à al-Qaida, ont lancé samedi une attaque très violente contre un centre commercial de luxe Nairobi, au Kenya. Selon un bilan provisoire de la Croix Rouge délivré ce dimanche matin, 43 personnes, dont deux Françaises, seraient mortes et 200 personnes seraient blessées. Depuis maintenant plus de 20 heures, les islmanistes retiennent un nombre inconnu d'otages, dont de nombreux étrangers. Ils réclament le départ des forces kényanes de Somalie. Les forces de sécurité kényanes tentent de les déloger du centre Westgate.

Très rapidement, les shebaabs ont revendiqué l'attaque, selon un mode désormais habituel: sur leur compte Twitter. Comme le note Will Oremus sur Slate.com, «les shebaabs font un usage très particulier des réseaux sociaux pour diffuser directement leur point de vue au public».

Le grand public français connaît déjà les shebaabs et leur utilisation de Twitter. En janvier 2013, c'est déjà sur leur compte @HSMPress qu'ils avaient publié des photos du cadavre d’un homme de type occidental, présenté comme l’un des membres du commando qui avait échoué à libérer l’agent de la DGSE, Denis Allex, qui était retenu depuis 2009 en Somalie. La photo était légendée: «François Hollande, was it worth it?», cela en valait-il la peine?

Cette fois-ci, ils ont expliqué que «les moudjahidines ont pénétré aujourd'hui vers midi dans Westgate. Ils ont tué plus de 100 infidèles kényans et la bataille se poursuit». «Ce que les Kényans voient à Westgate, c'est de la justice punitive pour les crimes commis par leurs soldats.»

Dans la soirée, leur compte a été bloqué par Twitter. Comme le souligne toujours Will Oremus, les shebaabs ont l'habitude de voir leurs comptes suspendus, «probablement en raison d'une clause des conditions d'utilisation qui interdit les menaces violentes directes». Dans ces cas-là, il leur suffit de créer un nouveau compte.

«Le 10 septembre, j'ai reçu un mail des relations presse du groupe m'informant que je pouvais maintenant suivre le nouveau compte @HSMPress pour "le point de vue des moudjahidines sur les événements en Somalie et les événements actuels dans le contexte mondial".»

Ce mode de communication s'inscrit dans ce que l'on pourrait appeler le «djihad des digital natives» et dont vous parlait Pierre Alonso sur Slate en août. Désormais, de nombreux groupes utilisent Twitter, mais aussi Facebook et Instagram. Une évolution qui n'est pas sans créer le débat au sein des djihadistes, certains estimant qu'il ne faut pas confier sa communication à des sites «dirigés par [leurs] ennemis».

Cécile Chalancon Editrice à Slate.fr

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