C'est la même entreprise qui a validé le recrutement de Snowden et d'Alexis, le tueur du Navy Yard

Les images d'Aaron Alexis fournies par le FBI, via REUTERS

Les images d'Aaron Alexis fournies par le FBI, via REUTERS

Si on était le gouvernement américain, on n'utiliserait plus les services de l'entreprise Usis.

Usis, anciennement US Investigations Services (services d'enquêtes des Etats-Unis), a en effet enquêté sur Aaron Alexis, l'homme accusé d'avoir ouvert le feu au Washington Navy Yard ce lundi 16 septembre, tuant 12 personnes avant d'être abattu par les forces de l'ordre.

Usis a procédé à cette enquête en 2007, l'année où Aaron Alexis a rejoint les rangs de la Navy, rapporte le New York Times. Usis admet avoir vérifié les antécédents d'Aaron Alexis pour OPM, le département RH du gouvernement fédéral, mais refuse de donner les causes de cette enquête ou ses résultats:

«Notre contrat nous interdit de conserver des informations récoltées dans les enquêtes que nous menons pour OPM, et nous ne pouvons donc pas commenter davantage la nature ou l'envergure de cette enquête ni d'aucune autre.»

Usis a d'abord nié avoir fait des recherches sur Aaron Alexis pour la Navy, avant de publier son communiqué. Aaron Alexis avait réussi à obtenir un niveau suffisant dans la Navy pour pouvoir entrer sur une base comme le Navy Yard, alors qu'il avait entre autres été arrêté à plusieurs reprises (en 2004 et en 2010).

La sénatrice démocrate Claire McCaskill, à la tête d'un comité sur les contractuels qui travaillent pour le gouvernement, avait demandé dans un communiqué:

«Je veux savoir qui a enquêté sur lui, si cette enquête a été menée par des contractuels, et si elle a rencontré les mêmes problèmes systémiques que d'autres vérifications récentes.»

Or Usis est également l'entreprise qui avait enquêté –et donné son feu vert au gouvernement américain pour son recrutement– sur Edward Snowden, le lanceur d'alerte qui a diffusé des documents secrets de la NSA sur la surveillance menée par les Etats-Unis sur leurs citoyens et le reste du monde.

L'entreprise avait à l'époque défendu son enquête, estimant que la NSA avait au final la responsabilité d'approuver ou non l'accès d'Edward Snowden aux documents secrets, et que le gouvernement avait accepté l'enquête d'Usis de 2011 sans demander davantage de détails.

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