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Comment on débat des deux côtés de l'ancienne «frontière» RFA-RDA

Temps de lecture : 3 min

Les élections allemandes vues de Mödlareuth.

L'affiche de campagne du candidat du SPD Peer Steinbrück. REUTERS/Ina Fassbender.
L'affiche de campagne du candidat du SPD Peer Steinbrück. REUTERS/Ina Fassbender.

Comme tous les Allemands, la cinquantaine d’habitants de Mödlareuth votent dimanche 22 septembre pour renouveler le Bundestag. Mais ils ne votent pas au même endroit.

Ceux du nord appartiennent à la circonscription de Thuringe n°196; ceux du sud à la circonscription bavaroise n°239. Les rapports de force politiques y sont très différents. En Thuringe, dans l’ancienne RDA, la candidate démocrate chrétienne l’a emporté de justesse il y a quatre ans. Elle est menacée cette année par le représentant de la gauche radicale Die Linke, les deux pouvant compter sur plus ou moins 30% des suffrages de la circonscription –l'élection se fait à un seul tour, sans qu'il soit nécessaire donc de parvenir à la majorité absolue (chaque électeur dispose également d'une seconde voix qui permet de répartir une moitié des sièges à la proportionnelle pour les partis dépassant 5%).

En Bavière, la droite est aussi en tête, en la personne de Hans-Peter Friedrich, ministre de l’Intérieur à Berlin (CSU). Mais la gauche radicale ne dépasse pas sa moyenne nationale, au-dessous de 10%.

Pavés inégaux et façades grises

Les réunions électorales ne se ressemblent pas des deux côtés de la «frontière». Dans l’ancienne Allemagne de l’Est, l’organisation locale du syndicat DGB a invité les principaux candidats dans l’arrière-salle d’un bistrot. Avec ses pavés inégaux et ses façades grises, l’ancienne rue principale de la petite ville de Pössneck sent bon sa RDA.

Le syndicat adresse ses revendications aux cinq candidats: un bon travail, une retraite sûre, une Europe sociale et un Etat actif. La discussion tourne d’abord autour de l’introduction d’un salaire minimum. Les représentants de la CDU et du Parti libéral (FDP) se sont ralliés à cette idée mais veulent que le montant en soit décidé par des négociations entre les employeurs et les salariés par région et par branche. Le SPD et les Verts veulent un SMIC national, fixé par la loi à 8,50 euros (le SMIC français est à 9,43 euros de l’heure). Die Linke milite pour 10 euros.

Le débat sur les retraites tourne autour du rôle des assurances privées, dont la coalition CDU-CSU/FDP veut renforcer le rôle. Les sociaux-démocrates ont quelque mal à critiquer cette orientation qu’ils ont eux-mêmes introduite sous le gouvernement Schröder.

Une vingtaine d’auditeurs écoutent en silence avant de poser des questions. Elles tournent toutes autour de la situation particulière dans les «nouveaux Länder», c’est-à-dire dans l’ancienne Allemagne de l’Est, où les salaires et les retraites sont moins élevés qu’à l’Ouest et où les syndicats sont moins bien implantés pour défendre les salariés.

Vient ensuite la question de la prochaine coalition. Le représentant de la gauche radicale est prêt à travailler avec tous les partis qui prendraient au sérieux les revendications des travailleurs. Les Verts n’ont pas confiance dans Die Linke et sont engagés avec le SDP, qui s’allierait bien avec certains membres de la gauche radicale s’ils devenaient raisonnables. Une grande coalition CDU-SDP? Elle ne sera possible que si la CDU accepte le salaire minimum légal.

Pas d'enthousiasme pour la grande coalition

Même réponse le lendemain dans un décor différent. Dans l’élégante maison communale de Hof, en Bavière, les candidats de la circonscription 239 ont répondu à l’invitation du journal local Frankenpost. La candidate SPD ne paraît pas enthousiaste à l’idée d’une grande coalition. La dernière, de 2005 à 2009, déjà sous la direction d’Angela Merkel, a été néfaste pour les sociaux-démocrates. Mais elle renouvelle la condition: pas d’entente sans salaire minimum.

Personne ne semble plus croire qu’une alliance entre le SPD et les Verts soit possible. Le dernier sondage publié jeudi soir par la deuxième chaine de télévision allemande ZDF, qui les crédite de respectivement 27% et 9% des voix, a enlevé les dernières illusions. Il n’a pas pour autant conforté la coalition sortante, qui frôle la majorité absolue (40% pour la CDU-CSU, 5,5% pour le FDP) sans l’atteindre. Dans ces conditions, la discussion commence à tourner autour des avantages et des inconvénients d’une nouvelle grande coalition avec Angela Merkel à sa tête.

Une autre inconnue demeure: le score du nouveau parti, Alternative pour l’Allemagne, partisan d’une sortie de l’euro, estimé à 4%, à un point d’une entrée au Bundestag qui rebattrait les cartes.

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Daniel Vernet

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