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Et si Berlusconi se présentait aux européennes... en Estonie?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 18.09.2013 à 19 h 22

Silvio Berlusconi à Rome le 4 août 2013, REUTERS/Alessandro Bianch

Silvio Berlusconi à Rome le 4 août 2013, REUTERS/Alessandro Bianch

Silvio Berlusconi envisage de se présenter aux élections européennes en Estonie pour échapper à son inéligibilité en Italie, selon Il Messaggero. Le quotidien romain affirme dans un article du 13 septembre que l’idée improbable ferait son chemin dans l’entourage de l’ancien Premier ministre, et en veut pour preuve une conversation surprise dans les couloirs de la Chambre des députés entre le député du Centre démocrate Nello Formisano et un membre du Peuple de la liberté (PDL, le parti créé et présidé par Berlusconi) dont le nom n’est pas cité mais qui occupe des «fonctions importantes» au Parlement, évoquant cette possibilité. Il Messaggero écrit:

«L’idée folle, si elle peut paraître étrange, rencontre du succès dans les conciliabules fébriles qui se tiennent dans les couloirs de Montecitorio [le bâtiment qui abrite la Chambre des députés], au cours desquels les politiques du centre droit comme du centre gauche se cassent la tête pour trouver une solution au cas Berlusconi.»

La Cour de cassation italienne a confirmé en août dernier la condamnation de Berlusconi à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale dans l’affaire Mediaset, peine réduite à un an en raison d’une amnistie. En vertu de la loi Severino votée en décembre 2012, cette décision devrait entraîner son exclusion du Sénat et entraîner son inéligibilité, mais Berlusconi conteste le caractère «rétroactif de cette loi adoptée après les faits» qui lui sont reprochés, explique Le Monde.

Il Messaggero explique que «rien ne n’empêche en revanche sa candidature aux Européennes dans un autre pays de l’Union où la loi Severino ne s’applique pas», et rapporte même qu’il existe un précédent: le communiste italien Giulietto Chiesa s’est présenté sur une liste lettone en 2009, sans réussir à se faire élire.

Berlusconi pourrait quant à lui se tourner vers l’Estonie, où son ami proche Ernesto Preatoni, businessman à la réputation controversée selon le site spécialisé sur les affaires européennes EurActiv, pourrait jouer de sa grande influence locale pour l’aider à faire campagne.

Quel intérêt aurait Berlusconi à se donner toute cette peine pour être élu? «La protection offerte par l’immunité parlementaire est très élevée au parlement européen», explique Formisano au Messaggero. Le Parlement européen avait ainsi décidé en 2011 de maintenir l’immunité de l’Allemand Elmar Brok, accusé de fraude fiscale dans son pays.

EurActiv rappelle que Berlusconi ne serait pas le premier à essayer de se faire élire au Parlement européen pour échapper à des poursuites dans son pays: le businessman et ancien ministre de l’Economie lituanien Victor Uspaskich s’est fait élire en 2009 en grande partie pour échapper à un procès pour fraude fiscale. Le millionnaire n’est aujourd’hui plus eurodéputé et a été condamné en juillet dernier à quatre ans de prison pour fraude fiscale, corruption et comptabilité parallèle.

Correction: une première version de cet article écrivait que Victor Uspaskich était Estonien. Cette erreur a été corrigée.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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