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A table avec des combattants d'al-Qaida en Syrie

Maïlys Masimbert, mis à jour le 16.09.2013 à 14 h 50

Dinner table. Gunnar Grimnes via FlickrCC License by

Dinner table. Gunnar Grimnes via FlickrCC License by

Ils sont cinq autour d’une table, une femme et quatre hommes, ils ont moins de 30 ans, parlent anglais couramment et discutent de leurs études au Canada ou en Grande-Bretagne, de leur famille, leur vie amoureuse… La scène pourrait être banale si elle ne se passait pas en Syrie, et si elle ne rassemblait pas une journaliste américaine, Anna Therese Day, et quatre djihadistes venus se battre «contre ces ânes de chiites».

Ils viennent du Pakistan, d’Arabie saoudite et du Koweït. Elle écrit pour le Daily Beast, un site américain. Ils ont quitté leur vie d’avant pour rejoindre un groupe affilié à al-Qaida, appelé «Islamic State in Iraq and al-Shams» aussi connu sous le nom de «Islamic state in Iraq and the Levant» (Isil, Etat islamique en Irak et au Levant), une organisation que son pays à elle considère comme terroriste.

Le but de ces quatre hommes est de convaincre la journaliste, et à travers elle tout l’occident, du bien-fondé de leur mission et de leur présence en Syrie. C’est pour cette raison qu’ils ont accepté de parler à une Américaine, tout en conservant leur anonymat. S’ils sont venus en Syrie, c’est que la guerre qui s’y joue est selon eux menée «contre le monde musulman tout entier» par les Etats-Unis et leurs alliés. Ils sont prêts à tout pour défendre leur cause, même mourir dans un attentat suicide, «un rêve» pour le Koweïtien du groupe. Mais la sélection est rude parmi les combattants d’Isil pour avoir le privilège de devenir un martyr, parce que périr de la sorte, «c’est marquer des points supplémentaires avec Allah».

Selon les spécialistes, Isil compterait entre 3.000 et 5.000 combattants en Syrie. Loin d’être le plus important des groupes présents dans le pays, son influence n’en est pas moins grandissante, et notamment dans les zones contrôlées par les rebelles. Leur but selon le Telegraph: «Faire de la Syrie un Etat islamique radical au sein d’un califat islamique régional», tandis que les modérés se battent pour renverser le «dictateur autoritaire» qui est à la tête de leur pays.

Ces divergences d’opinion ont donné lieu à des affrontements au sein même des opposants au régime de Bachar el-Assad, une situation qu’un combattant modéré résume pour Al Jazeera:

«Vous ne voyez pas les combattants d’Isil se battre contre le régime à des endroits clef. Vous les voyez en train d’étendre leur contrôle sur des zones que nous avons libérées en nous battant durement.»

Isil détient les ressources du nord du pays, comme le pétrole et le gaz, et distribue de la nourriture aux populations, ce qui lui permet ainsi de gagner «leur cœur et leur esprit». Un atout puissant pour «laver le cerveau des enfants et recruter de potentiels combattants», estime le Telegraph.

Maïlys Masimbert
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