Lu, Vu & EntenduMonde

Quand les ados menacent l'anonymat du e-commerce de la drogue

Maïlys Masimbert, mis à jour le 14.09.2013 à 11 h 01

Ecstasy pills. Willy Turner via Wikimedia Commons

Ecstasy pills. Willy Turner via Wikimedia Commons

Ils sont jeunes, ils sont insouciants, sans doute un peu idiots et achètent de la drogue sur Silk Road, le plus grand marché en ligne, anonyme et illégal, en utilisant…leurs vrais noms.

Mais reprenons depuis le début. Depuis 2011, il existe du côté obscur d’internet, Silk Road, site de e-commerce anonyme, «à mi-chemin entre Amazon et e-Bay», comme le décrit 20 minutes. Accessible uniquement via un navigateur spécial, il est le lieu de tous les échanges de produits interdits, drogues y compris.

Le principe est simple: vous créez un compte et vous faites vos emplettes (vous pouvez même vous aider des commentaires d’autres consommateurs). Vous payez avec bitcoin –la monnaie virtuelle–, vous encryptez votre adresse postale et vous recevez votre paquet dans votre boite aux lettres.

Le créateur du site, connu sous le nom de Dread Pirate Roberts, a blindé son système pour que chacun, vendeurs et consommateurs, conservent son anonymat, et ne soit pas la cible d’éventuelles enquêtes de police. Mais à ce jour, selon le Daily Dot:

«La menace la plus inquiétante pour Silk Road n’est pas le FBI. Ce sont les clients adolescents qui mettent le plus grand marché en ligne illégal sous le feu de projecteurs dont il se serait bien passé.»

Ces consommateurs nouvelle génération sapent le site de l’intérieur en postant sur leurs blogs des petits commentaires tout à fait explicites à propos de leurs expériences sur Silk Road. C’est par exemple le cas de cette jeune fille, qui explique que sa mère est tombée sur le colis qui lui était destiné. Réponse d’un visiteur anonyme:

«-Tu peux avoir de sérieux problèmes en utilisant Silk Road.

-C’est certain. Mais je prends de nombreuses précautions pour protéger mon identité.»

On précisera que le prénom, le nom, le cursus universitaire et la ville dans laquelle la jeune fille étudie sont présents sur la page d’accueil de son blog… Il existe aussi maintenant une page Facebook Silk Road, où vendeurs et/ou consommateurs utilisent leurs vrais profils avec leurs vrais noms pour demander des renseignements.

La communauté Silk Road semble le prendre plutôt à la légère et a même créé des «Hoover Awards», du nom du premier directeur du FBI, qu’ils décernent à ceux qui trouvent «de nouvelles idées stupides pour se faire arrêter». La dernière palme est revenue à un étudiant qui a demandé de l’ecstasy et a laissé son contact Facebook.

Et quand certains se demandent  s’il ne faudrait pas interdire à ces ados d’utiliser Silk Road, les réponses sont plutôt dubitatives. «Si les adolescents veulent des drogues, ils en trouveront», écrit un des utilisateurs, tandis qu’un autre ajoute: «Ce que les jeunes choisissent de faire avec leur corps est un droit fondamental, autant que pour nous.»

Maïlys Masimbert
Maïlys Masimbert (106 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte