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Cinq ans après, qu'est devenu Dick Fuld, l'ancien patron de Lehman Brothers?

Maïlys Masimbert, mis à jour le 13.09.2013 à 12 h 33

Dick Fuld. REUTERS/Kevin Lamarque

Dick Fuld. REUTERS/Kevin Lamarque

J’étais à la tête d’une des plus importantes banques d'affaires américaines jusqu’en 2008, je suis un ancien pilote de l’Air Force, je suis accusé d’avoir mené à la quasi-faillite une partie du système bancaire américain, je suis…? «Bonjour, je suis Dick Fuld, l’homme le plus détesté d’Amérique», et accessoirement l’ancien patron de la banque Lehman Brothers jusqu’à ce que celle-ci fasse faillite en 2008.

La citation, rapportée par BusinessWeek, aurait été prononcée par Fuld lui-même au cours d’un dîner mondain peu après la crise. A quoi a-t-il occupé son temps ces cinq dernières années? Le magazine américain nous donne la réponse.

En 2009, il a fondé Matrix Advisors, une société de consultants pour les fusions-acquisitions. Avec sa femme ils ont aussi investi dans GlyEco, une entreprise qui recycle des composants chimiques, issue d'une ancienne holding en charge d'un club de striptease de San Francisco.

Celui que l’on appelle le «gorille» «travaille plus de 60 heures par jour» selon ses dires et se démènerait pour décrocher de nouveaux contrats. Et pourtant:

«Dans les entretiens avec des anciens de Lehman, des collègues de Wall Street, des avocats et de nombreux amis et ennemis, personne n’a réussi à nommer un succès de Fuld dans les cinq dernières années, et la plupart étaient curieux de savoir ce qu’il faisait.»

De tous les anciens patrons de grandes banques déboulonnés de leur poste avec la crise, Fuld serait un des rares à ne pas avoir repris du service à Wall Street et se serait éclipsé de cette vie là tout en cherchant à y revenir:  

«Quand quelque chose comme ça arrive [la faillite de Lehman Brothers], vous pouvez faire deux choses: soit vous partez [...] vous vous construisez une nouvelle vie. Soit vous faites votre possible pour revenir vers ce que vous avez toujours fait. Dick essaye de revenir», explique un de ses anciens collègues.

Selon des proches, Fuld ne se fait aucune illusion sur une éventuelle rédemption auprès du public: «Je ne m’en remettrai jamais», aurait-il confié. D’autant que de nombreux Américains peinent à accepter le fait qu’aucun de ces grands dirigeants ne soit passé par la case prison. Mais les Etats-Unis ne criminalisent pas les mauvaises décisions prises dans le domaine des affaires, explique le Washington Post, quand bien même celles-ci conduisent à la quasi-faillite d’un système bancaire...

Maïlys Masimbert
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