Syrie / Monde

Syrie: le gouvernement a exécuté 248 personnes dans deux villes en mai, selon HRW

Temps de lecture : 2 min

Image tirée du rapport de HRW
Image tirée du rapport de HRW

C’est décidément la semaine des rapports sur les violations des droits de l’homme commises en Syrie. L’ONG Human Rights Watch (HRW) publie ce vendredi 13 septembre un document affirmant que «le gouvernement syrien et les forces pro-gouvernementales ont exécuté au moins 248 personnes dans les villes d'al-Bayda et de Baniyas les 2 et 3 mai 2013».

Très détaillé (il fait 68 pages), il s’appuie sur des entretiens réalisés avec 15 habitants d'al-Bayda et 5 habitants de Baniyas, et établit la liste des personnes tuées. Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen Orient à HRW, déclare dans un communiqué:

«Alors que le monde porte son attention sur l’importance de garantir que le gouvernement syrien ne soit plus en mesure d’utiliser des armes chimiques contre son propre peuple, il ne faut pas oublier que les forces gouvernementales syriennes ont également recouru à des moyens conventionnels pour massacrer des civils. Des survivants nous ont livré des témoignages horrifiants sur la façon dont leurs proches, non armés, ont été fauchés sous leurs yeux par des tirs de forces gouvernementales et pro-gouvernementales.»

Dans un article consacré au massacre paru le 30 juillet dernier, le Wall Street Journal rapportait que le gouvernement syrien reconnaissait avoir mené des offensives sur les deux localités, mais affirmait n’avoir fait que répondre à des embuscades rebelles et n’avoir tué que des terroristes. Ali Haidar, Ministre d’État à la réconciliation nationale, déclarait au journal que des «erreurs» avaient pu être commises, mais que l’armée avait agi pour empêcher les rebelles de s’installer dans une région considérée comme le berceau des alaouites, le groupe religieux dont sont issus la majorité des membres du régime d’Assad.

Il s’agit du deuxième rapport publié par HRW sur la Syrie cette semaine. Dans une première publication, l’ONG avait estimé après enquête le régime de Bachar el-Assad d’être responsable des attaques chimiques qui ont eu lieu dans la banlieue de Damas le 21 août dernier.

Des son côté, l’ONU a dénoncé dans un rapport des «crimes contre l'humanité» commis par les forces gouvernementales et des «crimes de guerre» perpétrés par l'opposition armée entre le 15 mai et le 15 juillet, et doit rendre ses conclusions (très attendues) sur les attaques chimiques du 21 août. Selon les informations de nos partenaires Foreign Policy, le rapport «ne va pas directement accuser le régime syrien d’avoir gazé son propre peuple» mais «va fournir un acte d’accusation solide constitué d’un faisceau de preuves […] qui convergent toutes vers une culpabilité du gouvernement syrien

Grégoire Fleurot Journaliste

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