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L’équipe de football, un symbole national qui transcende les divisions en Libye

Temps de lecture : 2 min

L'équipe nationale de Libye lors de sa victoire contre le Togo, au stade de Tripoli le 14 juin 2013. REUTERS/Ismail Zitouny
L'équipe nationale de Libye lors de sa victoire contre le Togo, au stade de Tripoli le 14 juin 2013. REUTERS/Ismail Zitouny

Dans la Libye post-révolutionnaire, exsangue et divisée, la situation ne cesse de se dégrader. Les autorités, débordées par le pouvoir des milices armées, ont quasiment perdu le contrôle du pays. La production de pétrole est en chute libre, la sécurité se dégrade, le pays devient une base de repli pour les groupes djihadistes.

Le pays est au bord de la partition. Patrick Haimzadeh, l'un des rares spécialistes français de la Libye fait part de son pessimisme dans l’Opinion:

«L’identité nationale de la Lybie était déjà fragile. Le mot Libye n'apparaît qu'en 1929, durant la colonisation italienne. […] Le régime autoritaire de Kadhafi a contribué à créer une identité nationale, un peu comme celui de Tito en Yougoslavie. Mais aujourd'hui, les identités primaires reprennent le dessus.»

Dans un article publié dans le Pulitzer Center, le journaliste Nicolas Pelham, qui a passé vingt ans au Moyen-Orient, apporte une touche un peu moins sombre au tableau. Il assure que certains signes attestent de l’aspiration à une Lybie unie, comme le taux de participation aux élections de juillet 2012 (62% des inscrits). Mais selon lui, le signe le plus révélateur de l’existence d’une réelle fierté nationale se voit dans le culte voué à l’équipe nationale de football.

«L’équipe représente un symbole national qui transcende son taux de réussite. Des agents des douanes jusqu'aux jeunes jouant au babyfoot dans un café de Tripoli, tous les Libyens que j’ai rencontrés, depuis mon arrivée en juin, étaient très exaltés par la première compétition internationale de leur équipe depuis trois ans.»

Le match du Mondial Lybie-Congo du 7 juin dernier à Tripoli s’est déroulé dans des conditions incroyablement calmes, «comme si la Lybie était en train de se normaliser.»

«Des fans en liesse brandissaient le drapeau tricolore, la clameur montait jusqu’à la tribune VIP, où était assis le Premier ministre. […] Le contraste avec le régime précédent ne pouvait être plus frappant. Dans la Libye de Kadhafi, le football, jugé subversif, était réprimé.»

Le 14 juin, lorsque la Libye a éliminé le Togo, la fièvre a gagné tout le pays. Les jeunes klaxonnaient, les drapeaux étaient fièrement affichés dans les rues, poursuit Nicolas Pelham, «même à Benghazi, où les sécessionnistes gagnent du terrain. La structure étatique est peut-être en train de se déliter, mais les liens affectifs entre Libyens sont encore très forts» conclue-t-il.

Caroline Piquet

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