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Des documents inédits lèvent le voile sur le mystérieux dirigeant nazi Rudolf Hess

Rudolf Hess (2e en partant de la gauche au 1er rang) au procès de Nuremberg. Work of the United States Government via Wikimedia Commons

Rudolf Hess (2e en partant de la gauche au 1er rang) au procès de Nuremberg. Work of the United States Government via Wikimedia Commons

Rudolf Hess, un des dirigeants les plus puissants du IIIe Reich, était un homme pour le moins mystérieux. Mais des documents historiques, mis aux enchères mardi 10 septembre par une maison de vente américaine, devraient aider à y voir plus clair sur une partie de son histoire.

Résumons: le 10 mai 1941, Hess atterrit en parachute dans un champ en Ecosse, avec la ferme intention de proposer un plan de paix à la Grande-Bretagne. Après plusieurs péripéties, racontées en détail par Der Spiegel, il réussit à proposer son plan au garde des Sceaux britannique de l’époque.

La tentative se solde bien sûr par un échec et il est fait prisonnier. Transféré en Allemagne pour le procès de Nuremberg, il sera condamné pour crime contre la paix et finira par se suicider dans sa cellule en 1987 à l’âge de 93 ans. Il était alors le dernier des dirigeants nazis condamnés lors de ce procès encore incarcéré.

Ce qui demeure inconnu dans toute cette histoire, c’est l’implication d'Adolf Hitler. Hess agissait-il sur les ordres du Führer ou de sa propre initiative? C’est là que les documents mis en vente cette semaine pourraient être utiles. Ce dossier de presque 300 pages a été écrit par Hess au cours de sa captivité en Grande-Bretagne et la fameuse proposition de paix se trouve à l’intérieur…

Le journal écossais The Scotsman en publie un extrait:

«La position de l’Angleterre est sans espoir. Afin d’éviter d’autres guerres à venir entre l’Angleterre et l’Allemagne, nous devons définir des zones d’intérêt. La zone d’intérêt de l’Allemagne, c’est l’Europe, celle de l’Angleterre, c’est son empire.»

Hess avait le document avec lui lorsqu’il a été transféré à Nuremberg et certaines pages du dossier ont été utilisées comme preuves lors de son procès. Mais depuis, il n’y avait plus trace de ces écrits inédits, explique le Spiegel.

Jusqu’au jour où, il y a vingt ans, l'actuel propriétaire, dont on ne connaît pas le nom, «a reçu un coup de téléphone anonyme d’une personne qui connaissait son travail. On lui a indiqué un lieu précis où se rendre le lendemain: le document y serait déposé, en espérant que cela puisse lui servir dans ses projets», explique la maison de vente sur son site internet.

Si le document n’a finalement pas trouvé preneur, sa valeur était estimée entre 500.00 et 700.000 dollars (380.000 à 530.000 euros), des prix «complètement démesurés» pour Achim Baumgarten, un des responsables des Archives fédérales de Coblence en Allemagne, interrogé par la Deutsche Welle. Les Archives auraient pourtant aimé acheter le document «mais pas au prix demandé. […] Aux Etats-Unis ces objets atteignent des sommes que nous n'avons pas», constate Baumgarten, sans doute un peu amer.

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