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L'opposition syrienne: Assad doit «rendre des comptes»

Temps de lecture : 2 min

Le 21 juin 2011 à Damas, REUTERS/Khaled al-Hariri
Le 21 juin 2011 à Damas, REUTERS/Khaled al-Hariri

J’ai parlé aujourd’hui [mardi 10 septembre] avec Khaled Saleh, porte-parole de la Coalition nationale des forces révolutionnaires et d’opposition syriennes (le principal groupe international représentant l’opposition syrienne), pour avoir l’avis de son organisation sur les évènements confus de la journée. Lundi, le président de la coalition, Ahmad al-Jarba, avait co-signé une tribune dans le Washington Post pour soutenir les efforts de l’administration Obama en vue d’une action militaire, mais c’était il y a une éternité vu la vitesse à laquelle évolue le débat.

Saleh était sceptique quant à la solution politique proposée pour les armes chimiques d’Assad:

«La proposition ne dit rien sur les comptes à rendre. Tout le monde s’accorde désormais sur le fait qu’Assad a utilisé des armes chimiques et tué 1.466 personnes. Même s’il rend des armes chimiques, il ne peut pas simplement s’en sortir en ayant tué autant de personnes. De manière plus générale, il est aussi responsable de la mort de 110.000 personnes, dont 11.000 enfants. La communauté internationale ne devrait pas être prête à passer sur le fait que nous avons un tueur de masse sur le dos qui va continuer à tuer des Syriens.»

Saleh était également sceptique sur la possibilité qu’Assad respecte un plan de remise d’armes, ou que la Russie le force à le faire:

«Il n’a rien fait au cours des 30 derniers mois pour prouver qu’il pouvait tenir une promesse. Ses ministres des Affaires étrangères passent à la télévision en affirmant qu’il est ouvert à une solution politique, mais une heure après il envoie des Scuds contre son propre peuple. Nous ne faisons pas confiance aux Russes qui ont été aux côtés d’Assad et qui continuent à lui fournir entre deux et quatre livraisons d’armes par semaine.»

Saleh a déclaré qu’il espérait que le président Obama garde la menace d’une action militaire sur la table et demande une autorisation du Congrès:

«La seule avancée politique est intervenue quand il y a eu la menace de la force. C’est à ce moment là que les Russes et Assad ont changé de position.»

Quant à savoir si le genre de frappes «incroyablement limitées» actuellement débattue aux Etats-Unis pourrait faire une différence dans la guerre, Saleh a déclaré que la coalition espérait qu’elles permettraient à l’Armée syrienne libre d’«au moins fortifier ses positions et prendre l’initiative».

A propos de l’idée selon laquelle une intervention militaire ferait le jeu d’al-Qaida, il a répondu que «l’opinion publique est complètement biaisée» aux Etats-Unis sur la nature de la résistance syrienne. Il estime le nombre de combattants rebelles affiliés à Jabhat al-Nusra, qui a des liens avec al-Qaida, à «au plus 10% en comparaison des forces modérées», bien qu’il pense que le vrai chiffre soit plus bas.

Questionné que les réticences d’impliquer les Etats-Unis dans un nouveau conflit au Moyen Orient, il a répondu que l’opposition syrienne elle-même ne veut pas de troupes américaines au sol:

«Il semble que la discussion porte plus sur l’Irak de 2003 que sur la Syrie de 2013. Il ne s’agit pas d’impliquer les Etats-Unis dans une nouvelle guerre. Il s’agit de mettre fin à une guerre.»

Joshua Keating

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Traduit et adapté par G.F.

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