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Syrie: grande confusion diplomatique après la proposition russe

Grégoire Fleurot, mis à jour le 10.09.2013 à 19 h 23

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Londres le 9 septembre 2013, REUTERS/Alastair Grant

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Londres le 9 septembre 2013, REUTERS/Alastair Grant

La proposition faite par la Russie lundi 9 septembre de placer sous contrôle international le stock d'armes chimiques syrien a déclenché une réaction en chaîne diplomatique dont il est difficile de garder le fil. «La Syrie a accepté la proposition […], selon le ministre des Affaires étrangères syrien» rapportait Associated Press ce mardi.

Dans le même temps, la France a annoncé le dépôt d’un projet de résolution auprès de l’ONU visant à «condamner le massacre du 21 août commis par le régime» et «exiger la lumière» sur le programme syrien d'armes chimiques. Proposition qui a été qualifiée d’«inacceptable» par la Russie parce qu’elle confère «aux autorités syriennes la responsabilité pour une possible utilisation d’armes chimiques».

Le ministre des Affaires étrangères russe a annoncé de son côté que Moscou travaille avec Damas pour établir un plan d’action détaillé. Parallèlement, François Hollande, Barack Obama et David Cameron se sont mis d’accord pour examiner à l'ONU la proposition russe.

S’approche-t-on réellement d’un compromis international sur la situation en Syrie? La réponse russe à l’initiative française à l’ONU ne le laisse pas penser, et l’administration Obama reste méfiante quant aux intentions syriennes. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rappelé hier qu’il ne pensait pas que le président syrien était digne de confiance.

Mais il semble probable que le gouvernement américain laisse sa chance au nouveau plan russe, alors qu’Obama fait face à un scepticisme tenace dans son pays quant à son plan initial de frappes aériennes limitées censées punir mais pas renverser Assad.

En attendant, les médias américains s’interrogent sur les raisons derrière les développements spectaculaires de ces deux derniers jours. Certains pensent que c’est John Kerry qui a offert aux Russes et aux Syriens une opportunité inespérée en déclarant inopinément lundi à Londres que la Syrie pouvait éviter une attaque américaine en se séparant de la totalité de son stock d’armes chimiques.

Malgré une mise au point de son cabinet qualifiant la sortie d’«argument rhétorique», la Russie formulait sa proposition allant dans ce sens quelques heures plus tard.

Mais un article du quotidien israélien Haaretz paru le 1er septembre et signalé par plusieurs observateurs suggère qu’un plan ressemblant beaucoup à celui qui est désormais discuté publiquement était en train d’être négocié depuis plusieurs jours:

«Des membres du ministère des Affaires étrangères israélien et d’autres ministères des Affaires étrangères occidentaux ont commencé à examiner un scénario qui semble un peu irréaliste mais représente une vraie possibilité. Selon ce scénario, les Etats-Unis et la Russie travailleraient ensemble à l’écriture d'une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui demanderait à Assad de transférer toute arme chimique en sa possession aux forces russes, ainsi qu’aux inspecteurs de l’ONU. Les armes chimiques seraient retirées du pays ou détruites sur le sol syrien.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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