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Aux Etats-Unis, les bunkers pour survivre à la fin du monde font toujours recette

Temps de lecture : 2 min

Source: Atlas Survival Shelters

Dans le film Take Shelter, un père de famille américain devient peu à peu obsédé par une tempête qu’il entrevoit dans ses rêves, et consacre sa vie à construire un abris souterrain... Ce genre de comportement porte un nom, le survivalisme, et beaucoup l'ont découvert en 2012, année qui a vu un grand nombre de prophéties de fin du monde... ne pas avoir lieu.

Bernie Jones, 46 ans, fait partie d’un petit groupe de survivalistes de la ville de Menifee (Californie), des gens qui croient que la fin du monde est proche, et dont le quotidien consiste à se préparer à survivre après celle-ci. Les survivalistes estiment qu'elle peut avoir plusieurs sources: catastrophe naturelle, crise économique majeure ou terrorisme. Des combinaisons sont possibles.

Dans sa propriété, Jones a ainsi obtenu de la mairie le droit de faire construire un bunker conçu pour abriter 20 personnes, écrit le site The Fresno Bee.

«Le monde est à un tournant, je veux être prêt. Je veux que ma famille survive.»

Les autorités sont cependant inquiètes: elles craignent les tremblements de terre, se demandent si les premiers secours pourraient alors être alertés par les occupants d’un bunker, et considèrent que des bunkers pourraient accueillir des activités illégales, comme la confection et le stockage de drogues.

Construire son abris souterrain est une obsession américaine depuis la Guerre froide, lorsque les Etats-Unis craignaient une guerre nucléaire. Mais il s’agirait cette fois d’un véritable «come back».

Ronald Hubbard (rien à voir avec la Scientologie), à la tête de l’entreprise Atlas Survival Shelters, près de Los Angeles, s’est engouffré dans la brèche, proposant des bunkers de luxe avec pièce à vivre, grande chambre à coucher et écran TV plat. Le bunker est en forme de cylindre et fait la taille de la moitié d'un terrain de basket.

A 65.000 dollars l’unité, son business semble bien se porter et le téléphone n’arrête pas de sonner. Et encore, le prix n'inclut pas les travaux pour creuser l'énorme trou nécessaire à l'enfouissement du bunker (voir des photos ici).

Pour Hubbard, rien n'étonnant à ce que son activité économique fonctionne bien: «Pourquoi prend-on une assurance? se justifie-t-il. Juste au cas où.»

Un expert en risques naturels rétorque cependant que ces gens feraient mieux de se préparer à un tremblement de terre s’ils vivent dans l’Ouest, ou à des ouragans s’ils sont à l’Est, plutôt que de s’inquiéter de l’Armageddon ou du calendrier Maya…

Sur le site survivaliste SHTF Plan, les raisons de craindre une crise majeure dans les années à venir sont nombreuses. Début septembre, le site a publié un article intitulé «Le commencement de la plus grande période de déclin de l’économie dans l’histoire américaine». Le site propose par ailleurs des analyses, des livres sur le kit médical à posséder en cas d'apocalypse, ou sur les méthodes de survie en milieu urbain en cas de crise majeure…

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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