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Chine: la prison dès 500 retweets d'une rumeur

Maïlys Masimbert, mis à jour le 10.09.2013 à 11 h 10

Flag. Peter F. via Flickr CC License by

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En Chine, faire circuler des rumeurs sur internet était un sport national auquel il manquait des règles. La Cour suprême populaire les a présentées hier, et elles ne font pas rigoler.

Elles sont claires et strictes comme le rapporte Business Insider. La plus haute instance judiciaire du pays ne lésine pas sur les moyens. Si une fausse information lancée sur internet est vue par plus de 5.000 internautes, ou rediffusée plus de 500 fois, son auteur peut être poursuivi pour diffamation.

Et comme l’explique l’agence de presse chinoise Xinhua, «les personnes reconnues coupables de diffamation encourent jusqu’à trois ans de prison ou une privation de leurs droits politiques», les mêmes peines que pour ceux qui proposent des contenus à caractère pornographique remarque RFI.

La radio française précise sur son site que certaines rumeurs peuvent être considérées comme des «cas graves» si elles poussent la ou les personnes visées à se suicider, s’automutiler ou bien nuisent à sa santé mentale. Rangées aussi dans la catégorie à sanctionner, les informations –pas seulement les fausses– qui déboucheraient sur des manifestations ou émeutes ethniques et qui pourraient «avoir un mauvais effet à l’étranger».

Les autorités auront sans doute compris que le but des commérages en ligne était de saper l’autorité des politiciens et autres caciques du parti communiste estime Business Insider.

Il faut dire que c’est toute une industrie souterraine qui s’est développée autour de cette activité. Les «black PR», ces campagnes de relation presse officieuses qui visent à améliorer l’image d’une entreprise ou d’une personne sur internet tout en détruisant l’image et la réputation de ses concurrents, n’ont cessé de prendre de l’ampleur. Deux personnes ont été arrêtées en août dernier, accusées de «fabriquer délibérément des rumeurs» en ligne et d’en «récolter illégalement des bénéfices», rapporte un journal local.

L'ironie de l'histoire étant que ce week-end, Xinhua, l’agence de presse officielle chinoise, a annoncé sur son site internet qu’Istanbul avait été désignée comme ville olympique pour les JO d’été de 2020. L’information était fausse et a été vues par bien plus de 5.000 personnes...

Maïlys Masimbert
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