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Ultimatum russe à Bachar: abandonne ton arsenal chimique

Temps de lecture : 2 min

Des partisans de Bashar el-Assad signent un drapeau russe lors d'un rassemblement à Damas, le 12 octobre 2011. REUTERS/ Khaled al-Hariri
Des partisans de Bashar el-Assad signent un drapeau russe lors d'un rassemblement à Damas, le 12 octobre 2011. REUTERS/ Khaled al-Hariri

De façon assez inattendue et pour empêcher à tout prix une attaque américaine sur les installations militaires syriennes, la Russie a demandé lundi 9 septembre par la voix de son Ministre des affaires étrangères Sergey Lavrov à Bachar el-Assad de mettre sous contrôle international son arsenal d’armes chimiques. Moscou saisit ainsi au vol une proposition faite presque par inadvertance à Londres par le Secrétaire d’Etat américain John Kerry. Cette solution inespérée permettrait à tout le monde de sauver la face et d'éviter une intervention militaire occidentale incertaine en Syrie.

Interrogé lundi 9 septembre lors d’une conférence de presse à Londres pour savoir s’il existait un moyen pour le Président syrien Bachar el-Assad d’éviter une attaque menée par les Etats-Unis, John Kerry a répondu: «bien sûr, il peut confier la totalité de ses armes chimiques à la communauté internationale cette semaine –tout rendre sans délai et permettre une totale et complète vérification». Mais le Secrétaire d’Etat américain mesurant peut-être qu'il donnait une possibilité au Président syrien de s'en sortir a immédiatement fait part de son scepticisme ajoutant: «mais il n’est pas prêt de le faire et cela ne peut pas être fait».

L’administration Obama a ainsi donnée en quelque sorte un ultimatum à Bachar el-Assad que la Russie reprend à son compte et devrait chercher à mettre en oeuvre avec l'ONU. Le Ministre des affaires étrangères syrien Walid al-Moualem qui est arrivé lundi à Moscou a été informé que la Russie attendait une réponse positive et rapide à cette offre. La Russie a des moyens de pression sans équivalents sur Damas. Sans le pont aérien qui alimente en permanence le régime syrien en munitions, il serait rapidement incapable de faire face aux rebelles.

Walid al-Moualem a donc consulté Bachar et donné une réponse favorable à la proposition russe. Il a accepté le principe d’un contrôle international de l’arsenal chimique du régime. Mais il est resté flou et n’a pas donné plus de précisions, notamment sur le fait que Damas accepte le transfert et la destruction de ces stocks d’armes chimiques. La question est de savoir si Bachar cherche seulement à gagner du temps. Ce qu'il fait avec succès depuis deux ans.

Preuve en tout cas qu’une sortie de crise semble à portée de main et de la volonté de la saisir, Paris et Berlin ont aussitôt indiqué lundi soir leur intérêt pour la proposition russe. «La proposition du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, mérite un examen précis», a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, réclamant que Bachar el-Assad «s'engage sans délai à mettre sous contrôle international et à laisser détruire l'ensemble de son arsenal chimique», et demandant une saisine de la Cour pénale internationale pour que soient jugés les auteurs de l'attaque chimique du 21 août dans la région de Damas.

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