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Pour Bachar el-Assad, les Etats-Unis ont un «gouvernement de médias sociaux»

Grégoire Fleurot, mis à jour le 09.09.2013 à 18 h 20

Bachar el-Assad a accordé, dimanche 8 septembre, une interview au journaliste américain Charlie Rose dans le palais présidentiel de Damas. C’est la première fois en presque deux ans que le président syrien parle avec un présentateur américain et, cela va sans dire, la première fois depuis que Barack Obama a demandé au Congrès de se prononcer sur d’éventuelles frappes militaires contre le régime d’Assad.

L’interview complète ne sera diffusée que lundi soir aux Etats-Unis (soit dans la nuit de lundi à mardi en France), mais les premiers extraits mis en ligne par la chaîne CBS News suggèrent que la défense d’Assad est la même que celle adoptée par son régime dans les médians syriens et ailleurs. En d’autres termes, il continue de nier que son armée soit responsable de l’attaque chimique du 21 août (il ne confirme même pas que celle-ci a eu lieu) et affirme que les Etats-Unis et la France n’ont pas «le moindre bout» de preuve pour soutenir le contraire.

En voici un extrait:

«Comment pouvez-vous parler de ce qui s’est passé si vous n’avez pas de preuve? Nous ne sommes pas comme l’administration américaine. Nous ne sommes pas une administration ou un gouvernement de médias sociaux. Nous sommes le gouvernement qui traite de la réalité.»

Si les Etats-Unis se décident à lancer des frappes contre son régime, Assad prévient que la Maison Blanche et ses alliés devraient «s’attendre à tout type d’action» en représailles. «Il y a différentes parties, différentes factions, différentes idéologies. [...] Il y a tout dans cette région maintenant» a-t-il déclaré, faisant assez clairement référence à ses alliés comme l’Iran et le Hezbollah.  

On ne peut pas reprocher à Assad un manque de cohérence dans ses discours sur le sujet. Lors de son interview au Figaro la semaine dernière, il mettait déjà au défi la France d’apporter les preuves de la responsabilité de son régime dans une quelconque attaque chimique, et menaçait le pays de «répercussions, négatives bien entendu, sur ses intérêts».

Grégoire Fleurot
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