Syrie / Monde

Des armes chimiques utilisées en Syrie il y a 1700 ans

Temps de lecture : 2 min

Sulphur / Bruce McAdam via flickr cc license by
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Alors qu'une intervention américaine —et française— pourrait être délenchée en représailles de l'attaque chimique de la banlieue de Damas par le régime syrien le 21 août dernier, un article de News Discovery révèle que l'usage d'armes chimiques est plus ancien dans la région qu'on ne le croit.

En 2009, le chercheur Simon James de l’université de Leicester s’est appuyé sur des fouilles menées à partir de 1920 et jusqu’en 1986 en Syrie pour établir que l’usage d’armes chimiques rudimentaires pourrait remonter à 1700 ans, écrit News Discovery.

Les faits se sont déroulés lors d’une bataille autour de l’an 256, opposant les Romains aux Sassanides. Originaires de Perse (Iran), les Sassanides ont regné sur une partie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale jusqu’à l’invasion de la Perse par les Arabes en 651. Leur Empire s’étendait notamment sur une partie de l’actuelle Syrie.

Lors du siège d'un fort romain, leurs opposants auraient creusé des tunnels pour piéger leurs ennemis, qui auraient répliqué. Mais 20 corps de soldats romains ont été retrouvés coincés à l’intérieur. Les archéologues pensaient à l’époque qu’ils avaient été tués par l’effondrement des galeries souterraines. Sauf que des crystaux de souffre ont été retrouvés dans un pot près des corps. Les Sassanides auraient, pense James, placé des brasiers à des points stratégiques du tunnel, ajoutant le souffre et de l’asphalte pour les empoisonner leurs ennemis.

«Il paraît clair d'après les preuves archéologiques que les Perses sassanides en savaient autant sur l'art de la guerre et du siège que les Romains», déclare James sur le site de la BBC. On ignore en revanche comment les assaillants ont pu pénétrer dans la ville par la suite, les fortifications n'ayant pas été détruites.

En 429 avant notre ère, les historiens grecs ont raconté qu'au cours la guerre du Peloponnèse, les Spartiates avaient fait brûler de la résine de pin et du souffre durant le siège de Platée.

Mais la plus ancienne preuve archéologique de l'utilisation d'une arme chimique daterait de la bataille de Gandhara, royaume à cheval entre le Pakistan et l'Afghanistan. En 327 avant J.-C., les belligérants avaient lancé une boule de feu contenant de l'asphalte et du souffre.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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