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Viktor Svyatski: l'homme derrière les Femen les traite de «femmes faibles»

Au Brésil, le 16 mars 2013. REUTERS/Pilar Olivares

Au Brésil, le 16 mars 2013. REUTERS/Pilar Olivares

Quand il a été passé à tabac fin juillet 2013 à Kiev, les médias ont parlé de Viktor Sviatski comme de l'un des «idéologues» des Femen, ou l'un de leurs «consultants politiques».

En février 2012, il était évoqué dans un article du Monde consacré à la face cachée du groupe féministe qui manifeste seins nus, mais comme personnage secondaire: cet article se concentrait sur Anna Hutsol, jeune femme présentée comme la tête pensante du groupe.

Viktor Sviatski, simplement décrit comme un ami, de 34 ans, dit qu'elle est «une grande théoricienne» de l'agit-prop:

«Elle a révolutionné tous les stéréotypes de la publicité. Avec des moyens limités, elle a fait de Femen le mouvement d'activistes le plus célèbre d'Ukraine. Ces filles sont comme la Marianne de Delacroix.»

Des propos bien plus flatteurs que ceux qu'il tient dans un documentaire australien à paraître sur le groupe. The Independent rapporte que Ukraine is not a Brothel, réalisé par Kitty Green, révèle que Viktor Sviatski est le fondateur et l'éminence grise des Femen.

Elle affirme ainsi:

«C'est son mouvement et il a choisi personnellement les filles. Il a choisi les plus jolies filles parce que les plus jolies filles vendent plus de papier. Les plus jolies filles sont en première page... c'est devenu leur image, la façon dont elles vendent leur marque.»

Kitty Green doit présenter son documentaire au festival de Venise, avec certains membres des Femen. Elle a passé un an à vivre et à filmer les Femen, et s'est rendue compte graduellement de l'influence de Sviatski:

«Une fois que j'étais dans le premier cercle, il m'était impossible de ne pas le connaître. Il est les Femen.»

Viktor Sviatski ne voulait pas être inclus dans le documentaire à l'origine, mais s'est laissé convaincre. C'était très important pour la réalisatrice, entre autres parce qu'il «était assez horrible avec les filles. Il leur criait dessus et les traitait de salopes».

Qu'a donc à dire ce charmant personnage sur son rôle? D'après The Independent, il dit dans le documentaire:

«Ces filles sont faibles. Elles n'ont pas un caractère fort. Elles n'ont même pas le désir d'être fortes. Elles se montrent soumises, molles, pas ponctuelles, et plein d'autres facteurs qui les empêchent de devenir des activistes politiques. Ce sont des qualités qu'il est essentiel de leur apprendre.»

D'après La Repubblica, il dit aussi que «les hommes font tout pour le sexe: j'ai créé le groupe pour avoir des femmes», et ajoute: 

«J'espère que grâce à mon comportement patriarcal, elles refuseront le système que je représente.»

En mars dernier, le journal suisse Le Matin affirmait déjà dans un article que l'éminence grise des Femen était Viktor Sviatski, même si Anna Houtsol, «la leader officielle du mouvement, déclare qu'il s'agit juste d'un ami et refuse d'en parler».

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