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L'Inde sera-t-elle un jour sûre pour les femmes?

Laszlo Perelstein, mis à jour le 03.09.2013 à 16 h 53

Les viols sont en constante augmentation à Bombay, alors que de plus en plus de policiers sont affiliés à la surveillances des VIP

- «Aucun vêtement n'est une invitation au viol», indique la pancarte, en septembre 2013. REUTERS/Adnan1 Abidi -

- «Aucun vêtement n'est une invitation au viol», indique la pancarte, en septembre 2013. REUTERS/Adnan1 Abidi -

Avec la multiplication des cas de viol en bande, très médiatisés ces derniers mois, l'Inde fait fuir les étrangères et s'interroger ses habitants. Si les premières évitent le pays par crainte de se faire violer, les autres n'ont pas le choix et subissent une menace constante.

Au point que certains Indiens en viennent à proposer la suppression des mannequins en vitrine dans les magasins de lingerie. De son côté, l'écrivain Sidin Vadukut affirme sur Quartz que le pays a besoin «d’une forme de fondation pour une société sûre: une loi qui marche et un système d’ordre» car pour cet auteur, «rien d’autre de ce qui pourra être entrepris ne fonctionnera».

À l'origine de cette théorie, un rapport des forces de police suite à une demande de droit à l'information, formulée par Vihar Durve, militant spécialisé dans ce genre de procédure. «Des 48.969 postes de policiers à Bombay, 2.930 sont vacants et parmi eux 1.853 sont des postes de sous-enquêteurs. Plus de la moitié des forces totales sont impliquées dans la sécurité des VIP», constaste Durve. D'environ 24.000 en 2008, les policiers affiliés à la sécurité des personnalités sont passés à plus de 27.000 en 2012.

Une situation alarmante pour Sidin Vadukut qui estime de façon «optimiste» qu’il y a 20.000 officiers de police pour les plus de 20 millions d’habitants de Bombay, soit un rapport de 100 pour 100.000. Soit 22 de moins que la moyenne indienne, selon un rapport de l’ONU de 2006, et plus de moitié moins qu'en France. L'Hexagone revendiquait alors 210 officiers de police pour 100.000 habitants. Un manque de forces de l'ordre d'autant plus inquiétant que le taux de crime est plus élevé à Bombay que dans l'État de Maharashtra (dont Bombay est la capitale), avec 245 crimes pour 100.000 habitants.

Outre la disparité entre le nombre d'officiers de police dans les rues et le nombre de délits, Sidin Vadukut met en cause l'inefficacité de la justice et des lois indiennes. Sur les 14.414 cas de viols jugés dans l'État de Maharashtra, seuls 1,1% ont entrainé une condamnation en 2012. Il restait près de la moitié des affaires encore en cours, d'après les statistiques officiels du Ministère de la Justice. Même quand ils sont condamnés, les violeurs s'en tirent parfois avec des peines que les familles des victimes estiment trop légères.

Pour d'autres observateurs, ce recours au tout-sécuritaire comme le fait la ville de New-York n'est pas la solution. Praveen Swami du First Post rappelle que dans plus de 98% des cas de viols, la victime connaissait son agresseur.

Laszlo Perelstein
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