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Après Cameron, Obama va-t-il perdre son pari au Congrès?

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 01.09.2013 à 12 h 27

Le Capitole à Washington, le 8 juin 2013. REUTERS/Gary Cameron.

Le Capitole à Washington, le 8 juin 2013. REUTERS/Gary Cameron.

Après David Cameron au Royaume-Uni, Barack Obama risque-t-il à son tour de perdre le soutien de son Parlement? Le président des Etats-Unis a annoncé, samedi 31 août, qu'il allait demander au Congrès de voter sur sa décision de frapper militairement le régime syrien, vote qui devrait normalement avoir lieu la semaine du 9 septembre. Un débat loin d'être gagné.

Le New York Times explique d'ailleurs que quand il a annoncé son plan à ses conseillers, vendredi soir, il a rencontré des résistances de ceux-ci, «alarmés qu'il puisse perdre comme cela a été le cas de Cameron, et que cela pénalise les autres priorités législatives de la Maison Blanche». Comme l'explique le Wall Street Journal, le président des Etats-Unis va en effet faire face à une situation complexe, où l'aile libertarienne du parti républicain et les démocrates les plus progressistes, «inquiets des programmes de surveillance et d'utilisation des drones» du président, risquent de s'allier pour lui compliquer la tâche. Le New York Times note lui aussi les difficultés qu'il va rencontrer face à un Congrès «profondément sceptique», d'autant que les élus vont passer beaucoup de temps dans leur circonscription, où leurs électeurs sont peu enthousiasmés par l'idée d'une intervention.

Le quotidien cite notamment des sources du camp républicain selon qui, «si le vote avait lieu immédiatement, la Chambre des représentants [où les Républicains comptent 233 sièges contre 200, ndlr] ne soutiendrait pas une intervention» et explique que la situation est même «volatile» au Sénat, où les Démocrates ont la majorité (54 sièges contre 46). Le représentant de l'Oklahoma Tom Cole explique ainsi qu'Obama est «un président de guerre sans parti de guerre».

Le Washington Post estime de son côté qu'une «résolution autorisant des frappes a de bonnes chances de passer au Sénat, où la majorité démocrate devrait être renforcée par des Républicains influents qui soutiennent l'idée d'une intervention militaire américaine».

Le site Politico explique lui que «le principal combat politique pourrait opposer les Républicains aux Républicains» au sein de la Chambre des représentants. Le président de celle-ci, John Boehner, serait «sérieusement préoccupé» par les objectifs et la stratégie de l'intervention, tandis que le chef du groupe républicain, Eric Cantor, pencherait en faveur de celle-ci.

Comme le rappelle le Wall Street Journal, la dernière fois que le Congrès américain a eu à voter sur une résolution de ce genre, c'était en 2002, pour autoriser l'usage de la force contre l'Irak. Le texte était passé avec 297 voix sur 435 à la Chambre des représentants (dominée par les Républicains) et 77 voix sur 100 au Sénat (dominé par les Démocrates). A chaque fois, le parti républicain du président George W. Bush avait été quasi-unanime dans son soutien et les Démocrates divisés.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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