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Syrie: la France, dernier allié des Etats-Unis

Grégoire Fleurot, mis à jour le 09.09.2013 à 14 h 47

François Hollande et Barack Obama à la Maison Blanche, le 18 mai 2012. REUTERS/Eric Feferberg.

François Hollande et Barack Obama à la Maison Blanche, le 18 mai 2012. REUTERS/Eric Feferberg.

Après le vote de la Chambre des communes britannique, qui vient de fermer la porte à une intervention du pays en Syrie en rejetant une motion gouvernementale en ce sens jeudi 29 août, les Etats-Unis ne peuvent plus compter sur que sur un seul allié de poids dans leur probable campagne de frappes aériennes contre le régime de Bachar el-Assad: la France.  

A la question de savoir s’il allait essayer de passer outre la décision du Parlement, le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré

«Je crois fermement au besoin d’une réponse sévère à l’utilisation d’armes chimiques, mais je crois aussi au respect de la volonté de la Chambre des communes. Il est très clair ce soir que […] le Parlement britannique ne veut pas voir d’action militaire britannique, reflétant l’opinion du peuple britannique. Je le comprends et le gouvernement va agir en conséquence.»

Des membres de l’administration Obama ont confié au New York Times que le président américain était prêt à mener à bien des frappes sans alliés internationaux, mais le refus britannique reste un développement important. Comme le souligne Spencer Ackerman dans les colonnes du Guardian, le vote d’hier soir fait qu’une possible attaque de la Syrie serait la première opération militaire américaine majeure menée sans le soutien britannique depuis environ deux décennies.

Le Conseil de sécurité des Nations unies n’autorisera pas une attaque, tandis que les dirigeants de l’Otan s’attendent à ce que le rôle de l’organisation soit «limité à des déclarations politiques et ne prévoient pas qu’elle soit sollicitée pour une attaque militaire future» (certains pays membres ont déjà fait connaître officiellement leur opposition à l’utilisation de la force). Le Premier ministre australien Kevin Rudd semble soutenir une attaque, mais un rôle militaire pour son pays semble improbable à l’approche des élections.

Conséquence de tout ceci: l’allié le plus important des Etats-Unis dans la probable opération est donc bien la France. «Les armées sont en position de répondre aux demandes et aux décisions du président de la République, lorsque celui-ci sera amené à les prendre», a déclaré jeudi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. François Hollande a quant à lui  réaffirmé dans un entretien au Monde vendredi que le France «est prête» [article payant] à «infliger une sanction par des moyens appropriés». Contrairement à son homologue britannique, le Président français n’a pas besoin de l’accord du Parlement pour une action militaire de moins de quatre mois.

Les choses ont bien changé depuis 2003, quand la France de Jacques Chirac avait rendu furieuse l’Amérique post-11-Septembre de George W. Bush en s’opposant à la guerre en Irak. Le congrès américain était alors allé jusqu'à rebaptiser officiellement les frites de sa cafétéria «Freedom Fries». Aujourd'hui, c'est plutôt «Vive les French fries!» du côté de l'administration Obama.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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