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Etats-Unis: les inégalités entre noirs et blancs se sont aggravées depuis Martin Luther King

Temps de lecture : 2 min

Au Texas, en décembre 2008. REUTERS/Larry Downing
Au Texas, en décembre 2008. REUTERS/Larry Downing

Hier, mercredi 28 août 2013, l’Amérique du nord commémorait les 50 ans du discours historique (et improvisé) de Martin Luther King. Le site The Atlantic a alors relevé une phrase dans le discours tenu le jour même par Barack Obama:

«Quel profit tire un homme, aurait demandé le docteur King, s'il s'assied à la table d'un restaurant dont il ne peut se payer les repas?»

En d'autres termes, «sans une égalité des chances économique, l'égalité juridique est impuissante», poursuit le magazine.

Or l'institut Pew Research Center a enquêté pour savoir ou l'Amérique en était cinquante ans après le rêve de Martin Luther King. Selon son rapport, certaines inégalités entres les noirs et les blancs se sont amenuisées, d'autres n'ont que peu bougé et certaines sont même en hausse. Si du point de vue de l'éducation ou encore de l'espérance de vie, les écarts se sont resserrés, les inégalités économiques se sont aggravées.

«Entre 1967 et 2011, le revenu médian d'un foyer noir de trois personnes est passé de 24.000 dollars [18.116 euros] à près de 40.000 dollars [30.194 euros]. Exprimé en pourcentage du revenu des blancs, les foyers noirs gagnent environ 59% de ce que les foyers blancs gagnent, une légère augmentation par rapport aux 55% de 1967. Mais exprimé en dollars, le fossé des revenus noir-blanc s'est creusé, d'à peu près 19.000 dollars [14.342 euros] à la fin des années 1960 à près de 27.000 dollars [20.381 euros] aujourd'hui. Le fossé racial de la richesse des foyers a augmenté de 75.224 dollars [56.783 euros] en 1984 à 84.960 dollars [64.132 euros] en 2011.»

Selon le sondage du Pew Research Center, si 45% des américains pensent que beaucoup de progrès ont été faits, 49% estiment qu'il reste «beaucoup de travail.» Chez les afro-américains, ils sont même 79% à le penser. En plus de ces écarts de revenus, les différents taux de chômage sont alarmants: en 1954, 9,9% des noirs étaient au chômage contre 5% des blancs. Aujourd'hui, les chiffres sont respectivement de 13,4% contre 6,7%, c'est-à-dire que la probabilité d'être au chomâge pour un noir aux Etats-Unis reste deux fois plus importante qu'elle ne l'est pour un blanc.

Comme l'explique le Pew Research Center:

«Une explication commune, comme l'explique William A. Darity Jr. de la Duke University dans Salon en 2011, est que les noirs sont ''les derniers à être embauchés dans une économie en bonne santé, et lorsqu'il y a un ralentissement, ils sont les premiers licenciés.''»

Florian Reynaud

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