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Le discours «I Have a Dream» de Martin Luther King tombera dans le domaine public en 2038

Cécile Dehesdin, mis à jour le 28.08.2013 à 12 h 18

Martin Luther King Jr. le 28 août 1963 via wikimedia commons

Martin Luther King Jr. le 28 août 1963 via wikimedia commons

Cela fait cinquante ans aujourd'hui, le 28 août 2013, que le révérend Martin Luther King Jr. a prononcé son célèbre discours «I Have a Dream». Mais il faudra en attendre 25 de plus pour qu'on ait le droit de le partager et de le reproduire librement.

Quelques mois après avoir prononcé son discours en 1963, Martin Luther King Jr. lui-même a envoyé une copie de ses propos au U.S. Copyright office en les classant comme «travail à ne pas reproduire commercialement», et a poursuivi en justice plusieurs éditeurs pour les empêcher de distribuer des reproductions sonores du discours. L'idée à cette époque était de contrôler les potentiels revenus et de les reverser à la cause des droits civiques.

Le tribunal a décidé que, même si King s'était adressé à un large public, la reproduction de son discours sans autorisation préalable était une violation de son copyright.

Depuis 1963, le leader de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains, puis ses légataires, qui ont confié la gestion des droits à la maison de disque EMI, aujourd'hui propriété de Sony, ont surveillé de très près l'utilisation du discours. Il y a quelques années, la fondation à but non lucratif qui a créé et construit le monument dédié à Martin Luther King Jr. à Washington a par exemple payé plus de 700.000 dollars pour avoir le droit d'utiliser ses mots et la vidéo.

C'est moins cher pour les individus lambda, qui peuvent acheter un enregistrement pour 20 dollars, mais cela reste payant jusqu'à 2038, date à laquelle le discours rentrera dans le domaine public, rapporte le Washington Post. D'ici là, vous pourrez entendre des bouts du discours, mais bonne chance pour trouver les 17 minutes gratuitement.

Une gestion du discours qui fait depuis longtemps polémique, comme nous vous l'expliquions en janvier dernier, à l'occasion du jour férié américain honorant Martin Luther King Jr. 

Dans un article intitulé «Pourquoi tweeter "I Have a Dream" constitue maintenant un acte de désobéissance civile», Slate. com estimait que cette polémique est la preuve que «la législation sur le copyright doit changer» car «non seulement elle échoue à satisfaire son objectif constitutionnel privilégié —promouvoir les progrès de la connaissance et des arts— mais elle l’entrave même et réduit souvent au silence d’importants discours». Le journaliste Marvin Ammori suggérait par exemple de réduire les durées de protection du droit d’auteur.

En guise de conclusion, Mashable citait les propos de Martin Luther King lui-même:

«Il n’existe pas seulement une responsabilité légale mais aussi morale d’obéir aux lois justes. De la même manière, il existe une responsabilité morale de désobéir à des lois injustes.»

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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