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Bombarder la Syrie, une fausse bonne idée?

Temps de lecture : 2 min

Un soldat de l'Armée syrienne libre à Alep le 11 août 2013. REUTERS/Stringer
Un soldat de l'Armée syrienne libre à Alep le 11 août 2013. REUTERS/Stringer

Alors que les mouvements de la marine américaine en Méditerranée posent la question d’une possible attaque des Etats-Unis sur la Syrie, l’historien américain Juan Cole explique sur son blog Informed Comment que si Obama ne dispose que d’un nombre limité d’options, celle-ci est loin d’être la bonne.

D’abord, s’il est de plus en plus clair que le régime syrien dispose d’un important stock d’armes chimiques, le flou le plus total règne sur les modalités des attaques chimiques récentes et nul ne serait capable de localiser les réserves de gaz. En bombardant de façon aléatoire les structures militaires syriennes, on prendrait le risque de libérer ces gaz toxiques et de les voir se répandre dans le pays —ce qui serait bien sûr totalement contre-productif.

Il faut ensuite souligner que l’artillerie et les tanks sont gardés dans les villes, comme à Homs ou Damas, et il serait impossible de les détruire depuis les airs sans risquer de bombarder des habitations.

Par ailleurs, contrairement à la situation des Balkans dans les années 1990, époque où la Russie était considérablement affaiblie, le régime syrien est aujourd’hui soutenu par une Russie puissante et par l’Iran.

En outre, fournir des armes à l’opposition et prendre le risque de les voir disséminées à travers le pays reviendrait à reproduire l’erreur de la CIA au Pakistan et en Afghanistan dans les années 1980: en armant les moudjahidines contre l’Union Soviétique, les Etats-Unis avaient donné à al-Qaida les moyens de se créer et contribué à l’installation de problèmes de narcoterrorisme sur le long terme. Une crainte renforcée par l’importance du Front al-Nosra au sein de l’opposition syrienne, qui fait redouter aux Américains d’«armer les terroristes et de les aider à prendre le contrôle d’un pays entier», selon Cole.

Enfin, l’universitaire avance un argument peut être moins objectif, recevable seulement si l’on adhère à une certaine analyse de la situation. Juan Cole considère en effet que le conflit s’apparente à une guerre civile —point de vue discutable, dont Joshua Keating défendait l’exact opposé dans nos colonnes le 24 août— et que les chrétiens, les alaouites et les sunnites laïques, qui seraient soit neutres, soit pro-Assad, constitueraient la moitié de la population. Dans ces conditions, la légitimité d’une intervention étrangère n’aurait rien d’évident.

Margaux Leridon

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