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Il y a 50 ans, tout le monde n'avait pas perçu l'importance du «I Have a Dream» de Martin Luther King

Margaux Leridon, mis à jour le 26.08.2013 à 11 h 01

Martin Luther King prononçant son discours le 28 août 1963. Work of the United States Federal Government.

Martin Luther King prononçant son discours le 28 août 1963. Work of the United States Federal Government.

Ce 28 août 2013, les Etats-Unis célèbreront les cinquante ans du discours de Martin Luther King «I Have a Dream». À cette occasion, une allocution très attendue de Barack Obama viendra clôturer cinq jours de commémorations, ouverts samedi 24 août avec un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes devant le Lincoln Memorial de Washington, où le célèbre discours avait été prononcé.

Pour le Washington Post, c’est aussi l’occasion d’un petit mea culpa. Le 24 août, Robert G. Kaiser, journaliste au Post depuis 1963, explique qu’il y a cinquante ans, le discours de Martin Luther King était passé relativement inaperçu dans le journal.

À l’époque, Kaiser était stagiaire au Post et il faisait partie des 60 journalistes envoyés couvrir la «Marche vers Washington pour le travail et la liberté», moins attendue pour ses discours que pour ses possibles débordements:

«Nous étions prêts pour les émeutes, pour les problèmes, pour des évènements imprévus —mais pas pour l’Histoire en train de s’écrire. L’article de 1.300 mots de Baker [Robert E. Baker, le spécialiste des droits civiques du quotidien, ndlr], qui commençait sous la bannière du titre en première page et résumait les évènements de la journée, ne mentionnait ni le nom ni le discours de King. Il notait que la foule dépassait facilement les 200.000 personnes, le plus gros rassemblement à Washington “de mémoire d’homme” —et que tout était resté en bon ordre.»

Sur la vingtaine de papiers publiés par le Washington Post le lendemain de la Marche, seule une sorte de florilège des différents discours, en page 15, mentionnait les mots «I have a dream»… au cinquième paragraphe.  

Il serait néanmoins réducteur d’en déduire que tous les médias américains sont passés à côté de ce moment historique. En effet, le même jour, le New York Times consacrait de son côté un article entier au discours de King, commençant en une sous le titre «I Have a Dream — La péroraison du Dr. King résume un jour dont la capitale se souviendra»:

«“Je fais un rêve”, s’exclamait-il encore et encore. Et à chaque fois, ce rêve venait d'une promesse faite par un de nos textes fondateurs: des expressions de notre Constitution, des vers de notre hymne national, des garanties du Bill of Rights, et tout s’est conclu sur la prémonition qu’un jour, ces rêves se réaliseraient tous.»

Si la vidéo du discours a été parfois retirée d’Internet pour des raisons de copyright, vous pouvez néanmoins la visionner ici. Une occasion de réentendre ce discours très dense d’une bonne quinzaine de minutes, que l’on a tendance à réduire aux trois dernières, à partir du fameux «I Have a Dream», justement.  

Margaux Leridon
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