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En Allemagne non plus, la campagne ne se jouera pas sur le web

Annabelle Georgen, mis à jour le 25.08.2013 à 9 h 40

Angela Merkel en compagnie du Premier ministre polonais Donald Tusk, le 5 mars 2013 à Varsovie. REUTERS/Fabrizio Bensch.

Angela Merkel en compagnie du Premier ministre polonais Donald Tusk, le 5 mars 2013 à Varsovie. REUTERS/Fabrizio Bensch.

Alors que les médias sociaux prennent toujours plus de place dans notre quotidien et qu'on ne cesse de vanter leur potentiel politique, ils ne jouent pourtant qu'un rôle mineur, pour ne pas dire très marginal, dans la campagne électorale en Allemagne. C'est ce que révèle un sondage réalisé par Wahllos.de («sans choix»), un blog consacré à tous ceux qui, pour diverses raisons, ne voteront pas lors des élections fédérales, initié par l'Axel Springer Akademie, l'école de journalisme du géant allemand de l'édition.

61% des personnes sondées déclarent ne pas utiliser les médias sociaux, voire pas utiliser internet du tout:

«Tout comme avant, les médias classiques, c'est-à-dire la télévision, les journaux et la radio, sont les canaux les plus appréciés pour s'adresser directement aux citoyens avec des contenus politiques. Ainsi, 70% des participants indiquent qu'ils souhaitent être informés sur les partis ou les politiques via la télévision, suivie de près par les journaux (65%) et la radio (54%).»

Seules 19% des personnes interrogées souhaitent être informées via internet. Sans surprise, leur part est nettement plus importante lorsqu'on se concentre sur les électeurs âgés de 18 à 29 ans: ils sont 41% dans cette classe d'âge à vouloir être informés via les médias sociaux. Mais 68% d'entre eux préfèrent la télévision!

Les candidats aux élections fédérales misent pourtant gros sur le web 2.0. Les représentants des grands partis ont presque tous un compte Facebook assorti d'un compte Twitter. Ce n'était pas le cas lors des dernières élections fédérales en 2009, mais les campagnes très 2.0 menées par Obama ont semble-t-il changé la donne.

Angela Merkel reste une exception dans la classe politique allemande. Elle ne possède toujours pas de compte Twitter, préférant laisser le soin à son porte-parole de communiquer sur l'action du gouvernement via son propre compte. Mais elle qui est si rétive à exposer sa vie privée a pourtant fait récemment réorchestrer son site web personnel, sur lequel on peut faire défiler la timeline de sa vie personnelle, photos de jeunesse à l'appui. La dernière photo de la série la montrant au bord d'un lac vaut le détour.

Si la campagne semble plutôt se jouer sur le terrain —35% des sondés préfèrent qu'on leur parle de politique dans la rue—, cela pourrait être différent en ce qui concerne le SPD, d'après le magazine Cicero:

«Si l'on observe tous les tweets de la semaine dernière avec le hashtag #btw13 [pour Bundestag 2013, NDLR], le SPD se trouve en deuxième place avec les mentions les plus fréquentes, derrière les Pirates, le "parti internet" revendiqué.»

D'après une autre étude citée par la Wirtschaftswoche, le SPD est le parti qui récolte aujourd'hui le plus d'approbations sur les médias sociaux.

Conscient que la bataille électorale ne se gagnera pas sur le web mais sur le terrain, le parti mise pourtant plutôt sur... le porte-à-porte. D'après Der Spiegel, il s'est fixé pour objectif de frapper à la porte de 5 millions de foyers allemands d'ici le 22 septembre. Plus d'un million de portes se sont déjà ouvertes, d'après la direction du parti. Là encore, il s'agit d'une technique inspirée d'Obama:

«La secrétaire générale Andrea Nahles a vu comment, en 2012, Barack Obama a marqué des points durant la campagne présidentielle aux USA avec cet instrument. Cela doit désormais aider le SPD.»

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
Journaliste
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