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Selon un rapport de l'US Air Force, les drones manquent de pilotes

Florian Reynaud, mis à jour le 22.08.2013 à 14 h 11

Un drone de la marque Draganfly

Un drone de la marque Draganfly

Les drones font peur.

Ces engins volants pilotés du sol, embarquant des caméras, des armes et à peu près tout ce qu'il est possible d'imaginer peuvent par exemple être piratés, ce qui pose désormais tout autant des problèmes de sécurité que de vie privée. Mais il y a plus grave: selon un récent rapport, les drones manquent... de candidats pour les piloter.

C'est en effet ce que révèle le rapport écrit par le colonel de l'U.S. Air Force Bradley T. Hoagland pour le think tank Brookings Institute, et relevé par le site Popular Science qui pointe le manque de pilotes pour ces engins dénommés «Combat Air Patrol» (CAP) par l'armée.

«Cependant, alors que les besoins en CAP augmentent à un rythme supérieur à celui auquel l'Air Force entraine les personnels pour faire fonctionner ces systèmes, il est évident que la filière des RPA [Remotely Piloted Aircraft, autre dénomination américaine du drone] n'identifie pas et n'offre pas un développement professionnel pertinent aux pilotes.»

Deux grands problèmes donc, d'un côté l'incapacité à sélectionner les pilotes de manière pertinente qui conduit à un taux d'abandon de la formation beaucoup plus élevé que chez les autres pilotes. Par ailleurs, le rapport souligne la difficulté à former correctement les pilotes par la suite, avec pour conséquence «un taux de promotion au rang de Major de 13% inférieur [par rapport au reste des officiers] sur les cinq dernières années.»

Le rapport souligne qu'il est urgent d'affiner et d'améliorer le système de formation, notamment pour lutter contre les risques de burnout, bien plus élevés que chez les pilotes traditionnels. En décembre 2012, un soldat américain craquait et confiait ses remords. Pilote de drones, il ne pouvait plus supporter ce travail.

«Pendant plus de cinq ans, raconte le Spiegel, Brandon Bryant a travaillé 12 heures par jour dans une boîte de la taille d'une caravane, sans fenêtres et sans que la porte puisse s'ouvrir, pour des raisons de sécurité. Chaque jour, Bryant et son collègue étaient assis devant 14 ordinateurs et 4 claviers. «Quand Bryant pressait un bouton depuis le Nouveau Mexique, quelqu'un mourait de l'autre côté de la planète»[...]»

En décembre 2011 déjà, une étude du Pentagone révélait que 29% des pilotes de drones interrogés se disaient en état de très grande fatigue et à bout de forces.

Florian Reynaud
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