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Un journaliste américain s'indigne de la loi russe anti-gay en direct sur Russia Today

Slate.com, mis à jour le 22.08.2013 à 11 h 32

Capture d'écran de l'interview

Capture d'écran de l'interview

Ceux qui s'opposent à la loi russe draconienne anti «propagande homosexuelle» se sont réjouis de la photo où deux coureuses russes aux Mondiaux d'athlétisme s'embrassaient sur la bouche, devenue instantanément une icone de révolte... avant que l'on apprenne qu'elles n'entendaient pas se révolter contre quoi que ce soit avec ce baiser «accidentel»

Mais Internet étant Internet, le monde n'a pas eu à attendre longtemps avant qu'une nouvelle manifestation anti-Poutine ne remplisse ce vide.

Ce mercredi, le journaliste pigiste américain James Kirchick s'est rebellé pendant une émission diffusée sur la chaîne Russia Today, financée par le Kremlin et à l'indépendance contestable, prenant la chaîne à partie en l'accusant d'ignorer les violations des droits LGBT en Russie.

Comme la vidéo ci-dessous le suggère, James Kirchick avait clairement un plan en participant à l'émission. On le voit enfiler des bretelles aux couleurs de l'arc-en-ciel au début de la vidéo pendant qu'il cite le dramaturge et comédien ouvertement gay Harvey Fierstein.

Il dit ensuite très clairement qu'il n'a aucune envie de parler du sujet prévu –la condamnation de Bradley Manning– pour lequel il avait été invité à participer à l'émission, en duplex depuis la Suède d'après ses tweets.

«Vous avez 24 heures par jour pour mentir à propos des Etats-Unis et pour ignorer ce qui se passe en Russie», dit-il alors que les présentateurs tentent de le ramener vers le sujet de Bradley Manning. «Je vais prendre les deux minutes que j'ai pour dire aux gens la vérité». Quelques instants plus tard, l'intervention de Kirchick sur le plateau connaissait une fin abrupte («il a disparu de l'écran», comme le dit le Washington Beacon).

Regardez la vidéo, mais je voudrais ajouter deux choses:

1) Si l'on met de côté l'objet des remarques de James Kirchik, n'importe quelle salle de contrôle d'une chaîne de télévision aurait probablement pris la même décision de couper l'intervention d'un invité s'il devenait clair qu'il détournait le programme (d'autres, cependant, ne seraient peut-être pas allés jusqu'à tenter d'annuler le taxi qui le ramenait à l'aéroport au milieu du trajet).

2) Techniquement, RT n'a pas ignoré la loi anti-homosexuels. La question porte plus sur la façon dont la chaîne a choisi de la couvrir, comme l'a noté the AtlanticWire. Quelques titres de Russia Today vous donneront une idée de l'angle pro-Kremlin que la chaîne a adopté: «Les juifs russes outrés après que Stephen Fry compare l'interdiction de la propagande gay à l'Allemagne nazie»; «La loi contre la propagande gay indigne à l'étranger mais trouve des soutiens en Russie» ou «La controverse sur la loi anti-gay "inventée par les médias", dit le ministre russe des sports».

Josh Voorhees

Traduit et adapté par C.D.

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