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Affaire Wikileaks: Bradley Manning condamné à 35 ans de prison

Temps de lecture : 2 min

Bradley Manning est escorté devant le tribunal militaire de Fort Meade dans le Maryland, le 18 juillet 2013. REUTERS/Jose Luis Magana.
Bradley Manning est escorté devant le tribunal militaire de Fort Meade dans le Maryland, le 18 juillet 2013. REUTERS/Jose Luis Magana.

Bradley Manning a été condamné, ce mercredi 21 août, par un tribunal militaire à 35 ans de prison pour avoir transmis des centaines de milliers de documents classifiés à Wikileaks.

Il encourait une peine maximale de 90 ans en prison. Le procureur avait demandé au moins 60 ans, estimant que ça enverrait un message aux futurs lanceurs d'alerte, tandis que la défense avait plaidé pour 25 ans au maximum, notant que cela donnerait au jeune homme de 25 ans une chance de reconstruire sa vie, et que plusieurs des documents qu'il a transmis seraient déclassifiés d'ici là.

Manning est éligible à une remise en liberté conditionnelle au bout d'un tiers de sa sentence, dont les trois ans qu'il a déjà passé en prison seront décomptés.

Bradley Manning avait été jugé coupable fin juillet de 20 des 22 chefs d'accusation contre lui —sans que la peine soit alors décidée—, mais pas de «collusion avec l'ennemi». Comme l'expliquait alors Fred Kaplan, la «collusion avec l'ennemi» était l'accusation la plus sérieuse:

«Elle entre dans la dénomination des crimes capitaux, même si l’on savait que le ministère public ne demanderait pas la peine de mort. Manning aurait tout simplement passé le restant de ses jours derrière des barreaux. Mais pour élargir le sujet, un verdict de culpabilité sur l’accusation de collusion avec l’ennemi aurait transformé le climat du journalisme d’investigation —un climat déjà bien étouffant depuis des années— en un véritable nuage toxique.»

Fred Kaplan considérait donc le verdict à venir comme modéré:

«Que l’on considère que ce qu’a fait Manning est juste ou condamnable d’un point de vue moral, il est clair qu’il a violé les lois militaires. Il le savait et, dans sa plaidoirie, a accepté d’en assumer la responsabilité, a accepté son sort, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait nullement l’intention d’aider l’ennemi. Sur ce point, le verdict de la cour martiale est donc avisé, favorable à la liberté de parole et à la nation elle-même.»

Cécile Dehesdin Rédactrice en chef adjointe

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