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NSA: le gouvernement britannique s'attaque aux documents du Guardian

Florian Reynaud, mis à jour le 20.08.2013 à 12 h 14

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski.

Le logo de la NSA sur un téléphone portable, REUTERS/Pawel Kopczynski.

Dans un article publié le 10 janvier 2013, Glenn Greenwald, journaliste au Guardian, s'interrogeait sur l'affaire Bradley Manning et le risque que représentait les pressions ou la persécution des sources, ici des whistleblowers (lanceurs d'alerte), pour le journalisme d'investigation.

Sept mois plus tard, Glenn Greenwald, qui a fait partie des journalistes à l'origine des révélations sur PRISM et la surveillance de la NSA, suite aux documents secrets révélés par le contractuel Edward Snowden, fait lui même face à des pressions, comme l'ont révélé deux évènements survenus ces derniers jours.

Il y a d'abord eu la détention de Dave Miranda, son compagnon, interrogé pendant près de neuf heures à l'aéroport d'Heathrow dans le cadre du Terrorism Act, alors qu'il revenait de Berlin. Il transportait du matériel pour Greenwald venant de la réalisatrice Laura Poitras, qui a travaillé sur la même affaire. Miranda a été libéré lundi 19 août au soir et a répondu aux questions du Guardian:

«Ses bagages à main ont été fouillés et, explique-t-il, la police a confisqué un ordinateur, deux clés USB, un disque dur externe et d'autres outils électroniques, incluant une console de jeu, ainsi que deux montres et téléphones récemment achetés qui étaient dans leur emballage d'origine dans son bagage en soute. "Ils ont obtenu de moi que je donne les mots de passe pour mon ordinateur et mon téléphone portable", explique Miranda.»

Pour le compagnon de Greenwald, il est évident qu'il a été arrêté pour ses liens avec le journaliste du Guardian et Laura Poitras. Il affirme cependant qu'il ne savait même pas s'il transportait effectivement des documents spécifiques et quelle pouvait en être la nature. Interrogé par Forbes, Greenwald estime ne courir aucun risque puisque toute information récupérable dans les bagages de Dave Miranda est cryptée. 

Un peu plus tard dans la soirée de lundi, un autre article est venu apporter des révélations. Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, révèle que deux mois plus tôt, le journal a du détruire des disques durs à la demande du gouvernement britannique et notamment du Government Communications Headquarter (GCHQ, service de renseignement électronique). Il dit avoir expliqué aux autorités que l'enquête peut parfaitement se faire en dehors du Royaume-Uni et notamment aux Etats-Unis où une telle requête —la destruction de documents d'enquête— ne se produirait pas:

«L'homme est resté indifférent. Et ainsi, l'un des moments les plus étranges de la longue histoire du Guardian se produisit —deux experts en sécurité du GCHQ supervisant la destruction des disques durs au sous-sol du journal juste pour être sûrs que rien dans les bits mutilés des métaux ne puisse être d'un quelconque intérêt pour des agents chinois de passage. "On peut annuler les hélicos noirs", blaguait l'un des agents alors que l'on balayait les restes d'un MacBook Pro.»

Selon Alan Rusbridger, un officiel lui aurait même déclaré:

«Vous vous êtes amusés. Maintenant, nous voulons que vous nous rendiez tout.»

Wikileaks a immédiatement réagi sur Twitter et Facebook en expliquant que cette affaire rendait d'autant plus nécessaire la copie massive des données sensibles. L'organisation a mis en ligne des fichiers cryptés contenant des informations Wikileaks en demandant aux internautes d'en faire de nombreuses copies afin de garantir toute atteinte des gouvernements. 

Florian Reynaud
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