Lu, Vu & EntenduMonde

Les 15 comtés américains où le français est la deuxième langue

Cécile Dehesdin, mis à jour le 20.08.2013 à 12 h 33

Capture d'écran de la carte du Washington Post.

Capture d'écran de la carte du Washington Post.

Dans plus d'un quart des comtés américains, au moins un foyer sur dix ne parle pas anglais à la maison. 

Bien sûr, l'espagnol arrive en tête des langues parlées chez soi autres que l'anglais, mais saviez-vous que le français en fait également partie? Et pas seulement dans les comtés proches de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

Le Washington Post a créé une carte des langues autres que l'anglais parlées à la maison, à partir des données du recensement américain de 2010, et montre ainsi que le français est également largement parlé dans le nord-est du pays, dans les états du New Hampshire et du Maine.

Au total, 15 comtés américains ont plus de 10% de leurs habitants parlant français plutôt qu'anglais chez eux:

En bleu, les comtés où on parle français. Cliquez ici pour accéder à la carte interactive du Washington Post.

Un chercheur de Manchester, dans le New Hampshire, rappelait en 2011 la longue histoire franco-américaine de la ville, expliquant par exemple que pendant trois-quarts de siècles à partir de 1918, les habitants élirent presque toujours un Franco-Américain comme maire.

En 2006, le New York Times rapportait que le français faisait son grand retour dans le Maine, après des décennies où la langue était stigmatisée. Plusieurs habitants de l'Etat racontaient que dans les années 50 et 60, parler français était interdit à l'école et sévèrement réprimandé, tandis que l'un d'entre eux avait dû «angliciser» son nom de famille pour cacher qu'il était franco-américain.

Des immigrés d'origine française sont descendus du Canada vers le Maine, le New Hampshire et d'autres états du nord-est dans les années 1870, explique le New York Times, pour travailler dans les usines de textiles et de chaussures. Les Américains ont rapidement considéré ces nouveaux immigrés comme des idiots –entre autres parce qu'ils ne parlaient pas aussi bien anglais qu'eux, et beaucoup d'immigrés se sont assimilés pour ne pas être discriminés.

D'après le journal, la renaissance française du Maine vient en partie de l'effondrement des usines de textile, où se concentraient jusque là les Franco-Américains, et a été aidée par un groupe de législateurs, qui a commencé en 2002 à tenir des réunions hebdomadaires en français. Désormais, de nombreux cours de langue et de culture française sont donnés dans l'Etat.

Un développement qui n'est pas pour déplaire au gouvernement français: un porte-parole du consulat français à Boston expliquait ainsi au New York Times que la France y voyait «un très gros potentiel» pour «développer le tourisme et les relations commerciales».

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte