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Le coup de com' raté du Premier ministre norvégien

Anaïs Bordages, mis à jour le 09.10.2013 à 9 h 49

Pour se rapprocher des électeurs, Jens Stoltenberg s'est fait passer pour un chauffeur de taxi. Mais ses passagers étaient des figurants.

Jens Stoltenberg. Youtube, capture d'écran

Jens Stoltenberg. Youtube, capture d'écran

Jens Stoltenberg était peut-être moins incognito que ce que l’on pensait. Comme Slate vous l'expliquait le 12 août, le Premier ministre norvégien avait récemment décidé de se faire passer pour un chauffeur de taxi durant tout un après-midi, afin de discuter librement avec ses électeurs.

L’opération a fait le tour des médias et des réseaux sociaux: dans la vidéo ci-dessous, on voit la réaction amusée des passagers lorsqu'ils se rendent compte que Stoltenberg est au volant.

Pourtant, cinq des 14 passagers du «taxi» étaient en fait des figurants, repérés lors d'un casting de rue et payés pour participer à ce coup de com’, comme nous l’apprend France TV Info. Dès lundi, le Parti travailliste (dont Stoltenberg est le chef) a ainsi reconnu les faits, confirmant les allégations faites par le tabloïd néerlandais Verdens Gang.

Pia Gulbrandsen, une porte-parole du parti interrogée par l'AFP, a malgré tout tempéré:

«Ce sont cinq personnes ordinaires à qui on a demandé si elles voulaient participer à une vidéo pour le parti travailliste, et qui ne savaient rien sinon qu’on devait aller les chercher en taxi. (...) Leur spontanéité était réelle quand elles se sont rendu compte que leur chauffeur était le Premier ministre.»

En guise de remerciement, les figurants ont été payés 65 euros chacun (500 couronnes), en plus de la course offerte.

Selon BBC News, le Parti travailliste, au pouvoir depuis 2005, est à la traîne dans les sondages, se plaçant derrière le parti conservateur. Cette opération était donc un moyen pour le Premier ministre de regagner la confiance des électeurs en prouvant qu'il pouvait être proche d'eux:

«C'est important pour moi d'entendre ce que les gens pensent vraiment. Et s'il y a bien un endroit où les gens disent ce qu'ils pensent, c'est dans le taxi», avait-il déclaré à la presse.

La vidéo, réalisée avec l'aide d'une agence de communication, a été postée sur la page Facebook du Premier ministre et devait être projetée lors de la campagne électorale... Même si à présent l'opération pourrait se retourner contre son instigateur.

Anaïs Bordages
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