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Vietnam: pour fuir la guerre, un père et son fils ont passé 40 ans dans la jungle

Margaux Leridon, mis à jour le 09.08.2013 à 9 h 38

The Neverending Jungle, Viet Nam, 2010, Jrwolley6 via FlickrCC Licence by 

The Neverending Jungle, Viet Nam, 2010, Jrwolley6 via FlickrCC Licence by 

On avait perdu leur trace depuis 1973. En pleine guerre du Vietnam, un homme, qui combattait alors pour le Nord, se cache avec son fils âgé de 1 an dans la jungle. Leur village vient d’être bombardé. La mère de l’enfant est morte. Pendant quarante ans, les deux hommes, qui ignorent évidemment la fin du conflit, survivent dans la nature.

Le père, Ho Van Than, a aujourd’hui 82 ans, et son fils 41 ans, rapporte le Herald Sun, s’appuyant sur le journal vietnamien Dan Tri. Ce sont deux habitants du village le plus proche, dans la province de Quang Ngai, qui ont récemment repéré leur hutte, enfoncée à 40 km dans la jungle. Averties, les autorités s’y sont rendues mercredi, et ont découvert les deux reclus.

Le père parle le dialecte cor, mais le fils, Ho Van Lang, a de grandes difficultés à communiquer. Ils se sont nourris du produit de leurs chasse et cueillette pendant quatre décennies, sans le moindre contact avec le monde extérieur.

La presse locale montre des photos du plus jeune homme vêtu d’une sorte de pagne en écorce.

Ho Van Than avait un autre fils, Ho Van Tri, alors âgé de 6 mois, qu'il n'avait pas amené avec lui dans sa fuite. C'est lui qui aujourd'hui raconte:

«Mon père est très faible et les médecins prennent soin de lui, mais mon frère est en bonne santé, même si il a l’air très maigre.»

Le père a été pris en charge par un centre médical, et le fils, qui refuse pour l'instant de se nourrir, par son neveu.

Si cette histoire semble totalement délirante, elle n’est pas la première du genre. Ainsi, on vous racontait en février celle des Lykov, une famille russe ayant elle aussi passé 40 ans coupée du monde, au fin fond de la Sibérie, avant qu’une équipe de géologues ne découvrent leur cabane par hasard.

«Membre d’une secte orthodoxe persécutée par le régime tsariste et, plus tard, par les Bolcheviks, Lykov s’était réfugié en Sibérie comme ses coreligionnaires. Sa femme et leurs deux premiers enfants s’étaient installés dans cette forêt en 1936. Deux autres enfants naîtront plus tard: ces deux plus jeunes n’avaient donc jamais vu un être humain extérieur à la famille avant l’équipe de géologues.»

Plus étonnante encore, vous vous souvenez peut-être de l’histoire de «l’homme le plus seul de la planète», auquel Monte Reel avait consacré un article en 2010. Dernier survivant, selon les autorités brésiliennes, d’une tribu qui n’a jamais eu le moindre contact avec le monde extérieur, il vit seul dans une hutte au beau milieu de la forêt amazonienne.   

Margaux Leridon
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