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Le plus débile des procès intentés à Lance Armstrong

Margaux Leridon, mis à jour le 18.06.2014 à 17 h 12

Lance Armstrong, Sète, 2002 via Wikimedia commons Licence by

Lance Armstrong, Sète, 2002 via Wikimedia commons Licence by

Ce jeudi 8 août 2013, rapporte Bloomberg Businessweek, un juge fédéral de Sacramento auditionnera les éditeurs de Lance Armstrong. Oui, le cycliste. Ça vous a peut-être échappé, mais il a écrit des livres. Autobiographiques bien sûr. Et c’est bien là le problème.

En janvier dernier, à la suite des révélations concernant son recours au dopage, qu’il avait jusqu’alors toujours vigoureusement démenti, des lecteurs l’ont attaqué en justice pour fraude. En effet, il a vendu comme des autobiographies authentiques des ouvrages en réalité mensongers –puisqu’il y affirme ne s’être jamais dopé. Comme l’expliquait alors France 24, cette plainte fait écho à un canular organisé dans une bibliothèque australienne, où les ouvrages du cycliste avaient été déplacés du rayon «non fiction» au rayon «fiction».   

Partie de deux plaignants initiaux, l’affaire s’est transformée en recours collectif, et plusieurs millers de lecteurs prétendument floués demandent à présent un dédommagement de cinq millions de dollars.

«A un moment où à un autre, [les éditeurs] savaient ou auraient dû savoir que ces livres étaient des mensonges», a expliqué l’avocat des plaignants, cité par The American Lawyer.  

Les éditeurs, qui ont refusé de commenter l’affaire dans la presse, ont répondu par une fin de non recevoir.

«Voyez-vous, quand ils ont lu Il n'y a pas que le vélo dans la vie, les plaignants pensaient que c’était 100% vrai, s’amuse Businessweek. Les autobiographies des célébrités, après tout, sont réputées pour leur précision factuelle.»

Mais pour le journaliste, ce sujet n’est pas que drôle. Ce genre de cas contribue en effet, d’après lui, à décrédibiliser les recours collectifs, ou class actions, grâce auxquels des plaignants, en général des consommateurs, peuvent, aux Etats-Unis, se regrouper contre une entité, en général une entreprise ou une institution publique. Le but est de protéger les citoyens de produits réellement défectueux et dangereux. Bien que les ouvrages autobiographiques de Lance Armstrong soient très probablement mensongers, il semble quelque peu abusif de les considérer comme une menace pour la société.

En France, un texte législatif a été adopté au début de l’été pour rendre possible une procédure de recours collectif, dans des conditions particulières et différentes des Etats-Unis, jusqu’alors inexistante dans le droit hexagonal.

 

Margaux Leridon
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