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L'Allemagne ne va pas si bien que ça

Annabelle Georgen, mis à jour le 30.09.2013 à 11 h 18

Une employée de banque compte des euros à Bangkok. REUTERS/Sukree Sukplang

Une employée de banque compte des euros à Bangkok. REUTERS/Sukree Sukplang

A l'heure où la première puissance économique européenne passe pour être le pays le mieux armé face à la crise, où les vertus du fameux modèle allemand n'ont jamais autant suscité d'attention mêlée de convoitise chez ses compagnons de galère, les Allemands feraient mieux de ne pas s'endormir sur leurs lauriers, prévient le Süddeutsche Zeitung.

Marcel Fratzscher, directeur du DIW, l'institut allemand pour la recherche économique, estime même que ses concitoyens devraient arrêter de se bercer d'illusions dangereuses. Ils ont du souci à se faire:

«Nous n'allons pas du tout aussi bien que nous le croyons sur un plan économique.»

D'après lui, la bonne santé économique qu'affiche l'Allemagne aujourd'hui, notamment en matière de gestion du déficit, n'est rien de plus qu'un instantané:

«Sur le long terme, la thèse selon laquelle nous allons bien sur un plan économique n'est pas réelle.»

L'économiste appuie ses propos sur les chiffres: 70% des employés allemands ont aujourd'hui des salaires réels moins élevés qu'il y a dix ans, la productivité est en baisse depuis 1999 et le taux d'investissement a baissé de 20% à 17% ces dernières années.

Ce dernier point constitue pour lui le principal problème de l'Allemagne, comme le rapporte le Süddeutsche Zeitung:

«L'Allemagne n'aurait ainsi un potentiel de croissance à long terme que d'un point de pourcentage. A titre de comparaison: les économistes croient aussi l'Espagne capable d'un tel potentiel.»

Son point de vue reste toutefois assez isolé parmi les économistes allemands. En juin dernier, lors de la publication des chiffres officiels sur l'économie allemande, le directeur de l'institut de recherche Kiel Economics, Carsten-Patrick Meier, mettait par exemple ces données en doute. Comme le rapportait le quotidien économique Handelblatt, il estimait que le taux de croissance pour 2012 n'était pas de 0,7 comme annoncé par l'institut statistique allemand mais plutôt de 1,5%.

Marcel Fratzscher est également l'un des rares économistes allemands à estimer que l'effacement d'une partie de la dette grecque est inévitable, bien que le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, s'en défende aujourd'hui catégoriquement:

«On n'appellera pas cela “effacement de la dette”, de façon à ce que le politique ne perde pas la face. Mais il est clair que le niveau d'endettement de la Grèce n'est pas soutenable.»

Annabelle Georgen
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